Élizabeth Tchoungui : "La France a un vrai retard sur le diagnostic des enfants autistes"

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Chez Christophe Hondelatte, la journaliste revient sur le parcours du combattant qu'elle a dû affronter pour que son fils Alexandre soit diagnostiqué autiste Asperger. 

HONDELATTE RACONTE

Du doute, de l'angoisse et de l'incertitude jusqu'au diagnostic, enfin. Élizabeth Tchoungui, qui a présenté l'émission Les Maternelles de 2009 à 2011, a mis du temps avant de pouvoir poser des mots sur le comportement de son fils Alexandre, qui est autiste Asperger. Chez Christophe Hondelatte mercredi, elle revient sur le parcours de son enfant et les difficultés rencontrées.

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Différent. Dès qu'il est tout petit, Alexandre présente des troubles du comportement. Il n'aime pas qu'on l'embrasse, délaisse les jeux d'éveil et n'est fasciné que par une chose : les trains électriques. Quand il a deux ans, lors d'un pique-nique, sa marraine remarque qu'Alexandre a une démarche particulière, comme si le côté droit était en décalage. Élizabeth Tchoungui n'y prête pas une attention particulière. Mais bientôt, à la maternelle, les signes s'accumulent. Alexandre est très timide, toujours dans son coin, il n'interagit pas avec ses camarades, ne rentre pas dans les apprentissages comme les autres enfants. Conscient qu'il y a un problème, Élizabeth Tchoungui décide de consulter un spécialiste. Le début d'un véritable marathon.

"Ils sont plus intelligents que nous". Il y a d'abord eu l'ophtalmologue, qui détecte une hypermétropie inexistante. Puis l'ORL, qui ne détecte pas qu'Alexandre est atteint d'hyperacousie. Il y a aussi la pédiatre qui assure à Élizabeth Tchoungui et son mari qu'Alexandre est seulement "dans sa bulle". "Tout ira bien", assure-t-elle. Une nuit, alors qu'elle se balade de sites Internet en sites Internet, elle se dit qu'elle vient peut-être de découvrir d'où viennent les troubles d'Alexandre : l'autisme Asperger. Une forme particulière de l'autisme, qualifiée parfois de "haut niveau", car l'enfant ne présente pas de déficience intellectuelle, au contraire. "Oui je pense qu’ils sont plus intelligents que nous. Ils ont une mémoire incroyable", souligne notamment Élizabeth Tchoungui.

Élizabeth Tchoungui poursuit son marathon avec l'idée qu'Alexandre est autisme asperger. Elle consulte un ponte de la pédopsychiatrie et de la psychanalyse. Ce dernier lui assure qu'Alexandre n'est pas autiste. Son comportement proviendrait de traumas liés à la petite enfance. Au total, Élizabeth Tchoungui va consulter douze spécialistes avant d'obtenir un diagnostic clair. "Cela pointe le manque de formation des médecins généralistes à l’autisme", estime-t-elle.

Le "lobby psychanalytique". C'est finalement un pédopsychiatre (le douzième spécialiste consulté) qui établit rapidement que l'enfant présente en effet un syndrome d'Asperger, mais une forme plutôt légère. La petite famille a enfin une réponse à ses interrogations. "En étant diagnostiqué plus tôt, Alexandre aurait gagné deux ans sans angoisse. La plasticité cérébrale est optimale jusqu’à l’âge de 10 ans, donc plus tôt on diagnostique les enfants, plus vite ils feront des progrès", explique la journaliste. "La France a un vrai retard sur le diagnostic des enfants autistes, notamment parce qu'il y a ce lobby psychanalytique qui commence toujours par investiguer des causes freudiennes et à pointer du doigt la 'mère toxique'", indique Élizabeth Tchoungui.

Élizabeth Tchoungui décide de scolariser Alexandre dans le circuit scolaire classique, en CP. Il faudra tout de même six semaines, au couple, avant de trouver une auxiliaire de vie scolaire, pour encadrer Alexandre à l'école. Aujourd'hui, le petit garçon va entrer au collège. Certains médecins avaient annoncé qu'Alexandre serait incapable de lire et d'écrire...

>> Retrouvez ci-dessous l'intégrale d'Hondelatte Raconte, "Élizabeth Tchoungui et l’autisme de son fils" :