Double meurtre de Montigny-lès-Metz : la défense de Francis Heaulme dénonce un procès en appel "inéquitable"

, modifié à
  • A
  • A
montigny-lès-metz, procès de Francis Heaulme crédit : THOMAS SAMSON / AFP
La cour, après en avoir délibéré 45 minutes, a rejeté les requêtes soumises par la défense. © THOMAS SAMSON / AFP
Partagez sur :
Dès l'ouverture du procès en appel de Francis Heaulme pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz mardi à Versailles, l'avocate de l'accusé a estimé que "son procès ne peut plus être équitable".

Le procès en appel de Francis Heaulme, condamné en première instance à perpétuité pour les meurtres de deux enfants en 1986 à Montigny-lès-Metz, en Moselle, a débuté mardi matin à Versailles, dans les Yvelines, par une demande d'acquittement de sa défense, dénonçant un "procès inéquitable".

Jugé pour un double meurtre qu'il a toujours nié. Le tueur en série au visage anguleux encadré de larges lunettes, aujourd'hui âgé de 59 ans, a décliné son identité dans le box avant de s'asseoir les bras croisés dans sa parka bleue trop large. Arborant son rictus habituel, bouche tirée vers le bas, celui qui purge déjà des condamnations pour neuf meurtres doit être jugé pendant trois semaines pour un double crime qu'il a toujours nié, au cours du sixième procès de cette tortueuse affaire judiciaire.

 

>> Suivez le déroulement de ce procès avec la reporter d'Europe 1, Salomé Legrand

Deux enfants de 8 ans retrouvés morts. Cyril Beining et Alexandre Beckrich, 8 ans, avaient été retrouvés morts sur le talus d'une voie ferrée dans cette commune voisine de Metz, le crâne fracassé à coups de pierre, au soir du 28 septembre 1986. Ce double crime a valu à Patrick Dils, 16 ans à l'époque, d'être condamné à tort à la perpétuité et de passer 15 ans derrière les barreaux, avant d'être libéré à la faveur de la révision de son procès en 2002.

Déjà condamné à perpétuité. Le 17 mai 2017, la cour d'assises de la Moselle a condamné à la perpétuité celui qu'on appelle le "routard du crime", mais pendant tout le procès, il avait répété inlassablement : "Montigny, c'est pas moi". À l'issue, il a immédiatement fait appel.

Un procès qui ne serait pas "équitable", selon l'avocat d'Heaulme. "Son procès ne peut plus être équitable", a estimé mardi matin l'avocate de la défense, Me Liliane Glock, dans une déclaration liminaire demandant dès l'ouverture des débats "l'acquittement" de son client. "Ce procès n'a pas un délai raisonnable : Francis Heaulme est mis en cause depuis 20 ans dans cette affaire, sans être jugé définitivement", a-t-elle poursuivi, estimant que "le procès de Lyon", qui a abouti à l'acquittement de Patrick Dils, "a été le procès de Francis Heaulme".

La présence de Patrick Dils serait requise. L'avocate a aussi dénoncé l'absence de toute preuve matérielle dans ce dossier : les scellés ont en effet été détruits en 1995, la justice estimant alors que le coupable était sous les verrous. Enfin, Me Glock a déploré l'absence de Patrick Dils, seulement convoqué pour témoigner par visioconférence. "Il me paraît indispensable que M. Dils soit là, faute de quoi, le procès ne peut pas se faire", a-t-elle insisté. La cour, après en avoir délibéré 45 minutes, a rejeté les requêtes soumises par la défense. Elle devait commencer mardi après-midi à se pencher sur la personnalité de l'accusé.