"Dossier technique" ou "dictature de l'émotion" : verdict attendu au procès Merah

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Abdelkader Merah sera fixé sur son sort jeudi. 1:00
Abdelkader Merah sera fixé sur son sort jeudi. © AFP
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Partiellement acquitté en première instance, le frère du "tueur au scooter" sera-t-il condamné en appel à la prison à perpétuité ? La cour d'assises spécialement composée rend son verdict, jeudi.   
DANS LA SALLE D'AUDIENCE

Abdelkader Merah sera-t-il condamné à la réclusion criminelle à perpétuité ? Tel est l'enjeu du procès en appel du frère du "tueur au scooter", auteur des attaques de Toulouse et de Montauban, en 2012. Condamné à 20 ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste mais acquitté du chef de complicité en première instance, l'accusé sera fixé sur son sort, jeudi soir. 

"Beaucoup moins d'émotion", selon les parties civiles. Mardi, dans leur réquisitoire, les avocats généraux ont tenté de démontrer que les preuves se trouvaient dans le dossier : selon eux, Abdelkader Merah a bien apporté son influence, son aide et son soutien à son jeune frère, Mohamed, en connaissant ses intentions criminelles.

C'est aussi la conviction des parties civiles. "Il y a beaucoup moins d'émotion (qu'au premier procès en 2017, ndlr), on s'est vraiment focalisés sur le dossier technique, sur les faits", estime Samuel Sandler, dont le fils et les deux petits enfants ont été assassinés à Toulouse. "Je crois qu'on a bien démontré, les parties civiles et les avocats généraux, sa complicité. Je crois qu'elle ne fait plus l'ombre d'aucun doute, maintenant", assène-t-il. 

Pas de preuves aux yeux de la défense. Mais mercredi, la défense de l'accusée s'est également appuyée sur le droit pour réclamer l'acquittement du frère du terroriste, fustigeant "la construction d'un scénario parce que l'accusé s'appelle Merah", et mettant en garde les magistrats composant la cour d'assises spéciale contre une condamnation sans preuve.

"Parfois dans les affaires exceptionnelles, le poison s'invite dans le débat judiciaire : il s'appelle l'opinion publique, la dictature de l'émotion et la France qui vous regarde", a grondé le "ténor" Eric Dupond-Moretti. "Mais quelle France? Celle des Lumières, celle qui veut rétablir la peine de mort? Le seul antidote à ce venin, c'est le courage des juges". 

Invité à s'exprimer avant que la cour ne se retire, jeudi, Abdelkader Merah a une dernière fois juré être étranger aux crimes de Toulouse et de Montauban. "Madame la présidente, je n'ai rien à voir avec les actions perpétrées par mon frère", a-t-il déclaré. 

 

Europe 1
Par Chloé Triomphe, édité par Margaux Lannuzel