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Des fouilles archéologiques prouvent que Lutèce, anciennement Paris, se trouvait bien au centre de la capitale

[© SIMON WOHLFAHRT / AFP]

Un rempart gallo-romain d'une vingtaine de mètres a été découvert sous l'Hôtel-Dieu, sur l'île de la Cité, et pourrait correspondre à la Lutèce gauloise décrite par Jules César. Cette découverte, qualifiée d'"avancée majeure" par le ministère de la Culture, relance le débat sur la localisation exacte des origines de Paris.

Un des mystères sur l'histoire de Paris est en passe d'être levé. Un rempart d'une vingtaine de mètres datant de l'époque gallo-romaine a été mis au jour, selon une information révélée par Le Figaro, pendant l'été et pourrait constituer une "avancée majeure" sur les origines de la capitale.

Trouvé sous l'Hôtel-Dieu, sur l'île de la Cité, en plein cœur de Paris, le mur de pierre et de bois pourrait être un fragment de rempart de la Lutèce de la tribu gauloise des Parisii, celle-là même à laquelle Jules César faisait référence dans son récit de la conquête de la ville par ses troupes en 52 avant notre ère, a annoncé le ministère de la Culture.

L'empereur romain avait évoqué "une île reliée par des ponts et située dans une boucle de la Seine", précise le ministère. Mais la localisation de cette Lutèce gauloise n'a jamais pu être établie avec certitude, et certaines pistes avaient jusqu'ici suggéré une implantation à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. Des investigations complémentaires vont désormais être menées pour conforter l'hypothèse d'une implantation sur l'île de la Cité.

"L'un des vestiges les plus importants jamais découverts"

"Cette découverte constituerait une avancée majeure pour la connaissance des origines de Paris" et "pourrait finalement apporter une réponse à l'une des questions les plus anciennes de l'histoire de Paris", en établissant "le lien, pour la première fois de manière aussi directe, entre le Paris contemporain, le site antique de Lutèce et la Lutèce gauloise décrite par César", espère le ministère dans un communiqué. 

"Nous sommes peut-être face à l'un des vestiges les plus importants jamais découverts pour comprendre la Lutèce gauloise. La prudence scientifique impose encore de vérifier sa fonction et sa chronologie, mais la convergence des indices est aujourd'hui particulièrement remarquable", a affirmé la ministre de la Culture, Catherine Pégard, citée dans le texte.

Des traces d'incendie compatibles avec le récit de César

Le mur, d'une hauteur d'environ un mètre, a été découvert à la faveur de fouilles démarrées en février. Il porte par ailleurs les traces d'un incendie qui pourrait là aussi renvoyer au récit de Jules César, selon lequel les Gaulois avaient eux-mêmes mis le feu à leurs installations avant la bataille de Lutèce menée contre les Romains.

Les premiers résultats des analyses au carbone 14 donnent une fourchette de datation comprise entre 200 et 10 avant notre ère, selon le communiqué. Les observations réalisées par les chercheurs sont "compatibles avec une occupation de la fin de l'âge du Fer et avec un épisode de destruction par le feu", mais "ne permettent toutefois pas encore, à elles seules, de dater précisément l'incendie de 52 avant notre ère", nuance le ministère.

Un moulage du mur sera réalisé dans "les prochaines semaines", qui pourra intégrer des pierres de parement originales hors du site de l'Hôtel-Dieu, en tenant compte de "l'état de fragilité" de l'édifice, selon le communiqué. "À terme, une partie reconstituée de ce mur intégrant des pierres d'origine sera exposée au public dans un musée à Paris", poursuit le texte.

Menées par le ministère, le service archéologique de la Ville de Paris et l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), ces fouilles ont débuté dans deux cours de l'Hôtel-Dieu, dans le cadre de la restructuration de la partie hospitalière du site, portée par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.