Des contributions papier du grand débat oubliées ? "Le risque qu'émerge une proposition supplémentaire est infime"

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Pour Alain Chagnaud, associé au cabinet en stratégie Roland Berger, qui a participé à la synthèse des contributions, la masse déjà analysée est suffisamment importante pour valider les conclusions rendues.
INTERVIEW

Le gouvernement est-il allé un peu vite en besogne ? Plusieurs médias, dont Les Jours et franceinfo, pointent des dysfonctionnements dans l'analyse des contributions au "grand débat national". Le gouvernement se serait donc risqué lundi dernier à une série d'annonces pour sortir de la crise ouverte par le mouvements des "gilets jaunes", alors que la moitié des contributions papier n'aurait pas encore été synthétisée. "On a traité 380.000 pages, et effectivement il y a d'autres contenus qui sont arrivés depuis", reconnaît au micro de Matthieu Belliard vendredi soir, sur Europe 1, Alain Chagnaud, associé au cabinet en stratégie Roland Berger, qui a fait la synthèse de la partie papier des contributions du "grand débat national".

Jusqu'à 700.000 pages au total

Le travail de ce cabinet s'est notamment appuyé sur les contenus numérisés par la Bibliothèque nationale de France, qui a centralisé les contributions écrites : lettres, mails, cahiers citoyens et compte-rendus des réunions locales. Or, le volume représenté est tel que ce travail n'a pu être transmis qu'au compte-gouttes aux cabinets chargés de synthétiser les contenus de ces différents supports. "Il ne s'agit que d'une estimation, mais on considère que l'on pourrait avoir un corpus de plus de 700.000 pages", relève Alain Chagnaud.

>> De 17h à 20h, c'est le grand journal du soir avec Matthieu Belliard sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Des conclusions "stabilisées"

Mais pour cet analyste, les données manquantes ne devraient pas, une fois compilées, impacter les premières conclusions. "Notre expérience montre qu'il y a une stabilisation des messages qui s'opère, même avec seulement 30% du corpus analysé", explique-t-il. "Là, on est à plus de 50% du corpus. Le risque qu'une proposition supplémentaire n'aurait pas déjà émergé est tout à fait infime", conclut-il.

Et pour les propositions déjà révélées : "Il y a un consensus sur la baisse des impôts et davantage de justice fiscale", rappelle Alain Chagnaud.  "Le sujet de de l'ISF apparaît dans les premières propositions des Français, très fortement, aux cotés d’autres propositions sur la baisse des impôts".