De retour de Syrie, une jeune mère demande sa remise en liberté pour rester auprès de son fils, "la dernière famille qu'elle a"

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Placée en détention provisoire à son retour de la zone irako-syrienne, une jeune femme, qui a accouché dans une prison française, demande sa remise en liberté pour rester auprès de son fils, qui doit quitter le centre de détention.
TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Une jeune femme, partie rejoindre un membre d'un groupe rebelle islamiste dans la zone irako-syrienne, a accouché en prison à son retour en France. L'enfant ayant désormais 18 mois, il devrait quitter l'établissement. Alors pour rester auprès de lui, la jeune mère demande à la justice de la remettre en liberté.

Un accouchement en prison

En 2017, elle part dans la zone irako-syrienne rejoindre un Syrien rencontré sur Internet. Celui-ci n'était pas un membre du groupe État islamique mais appartenait à un groupe rebelle islamiste. Lorsqu'elle rentre en France après huit mois sur place, elle est enceinte de sept mois. Elle est alors placée en garde à vue, mise en examen et placée en détention provisoire à la prison de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne. C'est là qu'elle donne naissance à son fils.

Un profil "réinsérable", selon l'avocate de la jeune mère

Dix-huit mois plus tard, son enfant devrait quitter la prison car il ne peut plus y être accueilli. La seule solution pour la jeune femme, qui veut rester auprès de son fils, est la remise en liberté. "Ce petit, qui n'est qu'avec elle depuis sa naissance, représente la dernière famille palpable qu'elle a", plaide son avocate Margaux Durand-Poincloux, au micro d'Europe 1. "Pour des profils dont la dangerosité est vraiment théorique, le but est-il de créer quelqu'un qui, dans l'avenir, sera sans domicile fixe et qui n'aura finalement pas compris sa peine et qui n'aura pas été accompagné ? Ou bien est-ce de réinsérer des profils qui sont réinsérables et qui ne sont pas très loin de se réinsérer ?"

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Une remise en liberté refusée par la cour d'appel

Trois mois plus tôt, le juge antiterroriste en charge du dossier a accepté la remise en liberté de la mère, avec une place dans un programme de déradicalisation. Mais la cour d'appel a refusé. Désormais, la justice doit réexaminer le cas avec une urgence en tête : le petit garçon a atteint l'âge limite pour être maintenu en prison.

Europe 1
Par Pierre de Cossette, édité par Marthe Ronteix