David, victime de violences policières lors d'une manifestation de "gilets jaunes" : "C'est clairement voulu, c'est l'envie de blesser"

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David a été gravement blessé par un tir de LBD, le 1er décembre à Paris. "Ils ont détruit quelques années de ma vie", confie-t-il sur Europe 1.
TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Triple fracture de la mâchoire, destruction du palais, quatre dents perdues... Voilà le lourd tribut payé par David après avoir reçu une balle de défense en plein visage. Alors qu'il voulait quitter le cortège des "gilets jaunes" le 1er décembre dernier, il s'est retrouvé face aux CRS dans une petite rue près des Champs Elysées à Paris. Il raconte.

"Tu as le temps de rien voir, ça part, ça tape." "C'était une rue toute calme" dans laquelle il n'y avait "pas de voiture incendiée, pas de vitrine cassée", confie-t-il sur Europe 1. "On avance main dans la main avec ma copine, les bras en l'air. Arrivé à dix mètres des CRS, je m'effondre au sol. Tu n'as pas le temps d'entendre une détonation, tu n'as le temps de rien voir, ça part, ça tape."

Comment fonctionne un lanceur de balles de défense ?

"Il n'y a eu aucune sommation." Après avoir été touché, David "convulse, crache (ses) dents, (sa) mâchoire". "Il n'y a eu aucune sommation, à aucun moment, aucun hurlement me disant de ne pas approcher. Ils m'ont laissé approcher. A un moment donné, c'est clairement voulu, c'est l'envie de blesser", estime-t-il.

"Ils ont détruit quelques années de ma vie." Aujourd'hui, les conséquences pour David sont lourdes : "Ils ont détruit quelques années de ma vie." "Je ne peux pas manger quelque chose de dur. On m'a passé des boissons hyperprotéinées, le frigo en est rempli. C'est ma seule façon de m'alimenter aujourd'hui parce que sinon, ça me fait mal. Je ne peux plus me moucher", confie-t-il.

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"J'ai perdu mon boulot." Et ses blessures ne sont pas seulement physiques : "Je dors très peu, je suis réveillé par les tirs de LBD (lanceur de balles de défense, ndlr), les grenades... que des cauchemars. J'ai perdu mon boulot. J'étais intérimaire, tailleur de pierre en monuments historiques." Aujourd'hui, s'il pouvait s'adresser directement aux forces de l'ordre, il n'aurait qu'une seule question à leur poser : "Pourquoi ?"