Coup de fil et traits d'esprit : la gouaille d'Isabelle Balkany devant la cour de justice

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Isabelle Balkany avec son avocat, maître Pierre-Olivier Sur 1:20
Isabelle Balkany avec son avocat, maître Pierre-Olivier Sur
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Au second jour de son procès en appel pour fraude fiscale, Isabelle Balkany siégeait seule sur le banc des prévenus, son mari étant hospitalisé à la suite d'une occlusion intestinale. Elle a fait face à la cour avec son aplomb habituel, glissant quelques traits d'esprit et multipliant les signes d'exaspération.

Lunettes fumées, teint halé, Isabelle Balkany conserve la même gouaille face à la justice que sur le marché de Levallois-Perret. Lundi, deuxième jour du procès en appel pour fraude fiscale lors duquel elle comparait avec son mari, Patrick Balkany, elle siégeait seule sur le banc des prévenus. Le maire de Levallois, incarcéré à la prison de la Santé, était absent car hospitalisé depuis jeudi pour une occlusion intestinale, a expliqué son épouse.

"Regardez monsieur Delevoye !"

"J’ai 72 ans et je n’ai jamais fait de déclaration de revenus", clame-t-elle, mains sur les hanches. "Vous la signez pourtant, votre déclaration de revenu", oppose le juge. Isabelle Balkany réfléchit à voix haute : "Est-ce-que je la signe ? Je ne sais pas, je suis nulle." Téléphone portable à la main, elle interrompt la présidente. "C’est le professeur de l’hôpital Cochin !" Le médecin lui communique apparemment des nouvelles de son mari.

De retour sur le banc des prévenus, visiblement rassurée, elle se permet un trait d’humour. "Certains gèrent bien leurs impôts, d’autres non… Regardez monsieur Delevoye !" La référence directe aux déboires de l'ancien haut-commissaire aux retraites provoque des rires dans le public, mais exaspère la cour. "C’était pour détendre l’atmosphère", plaide Isabelle Balkany. L’avocate générale n’esquisse pas un sourire, et pousse la prévenue aux aveux : "Quand vous faites des fraudes fiscales, vous n’envoyez pas de faire-part au fisc français ! Je plaide coupable pour fraude fiscale, cela fait six ans que le dis, ce n’est pas un scoop."

Europe 1
Par Marion Dubeuil, édité par Laetitia Drevet