Climat : des militants investissent La Défense pour dénoncer la "République des pollueurs"

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Quelque 2.000 personnes, selon Greenpeace, ont bloqué des lieux symboliques de La Défense vendredi.
Quelque 2.000 personnes, selon Greenpeace, ont bloqué des lieux symboliques de La Défense vendredi. © THOMAS SAMSON / AFP
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Quelque 2.000 personnes, selon Greenpeace, se sont déployées vendredi devant des lieux symboliques du quartier d'affaires de La Défense dans le cadre de la "semaine de la rébellion" pour dénoncer la "République des pollueurs".

Des centaines de militants pour l'environnement se sont déployés vendredi dans plusieurs lieux symboliques à La Défense, comme la tour Total, lors d'une opération de désobéissance civile de masse pour dénoncer la "République des pollueurs".

Des actions devant des lieux symboliques

Alors que se termine la "semaine de la rébellion" lancée en Europe par le tout jeune réseau "Extinction Rebellion", les militants français se sont joints au mouvement en se déployant dans quatre lieux : la tour Séquoia qui abrite une antenne du ministère de la Transition écologique, et les tours EDF, Total et Société générale, a précisé une porte-parole de Greenpeace, assurant que 2.000 personnes participaient à l'opération.

Quelques dizaines de militants étaient assis devant la Tour Séquoia, attachés les uns aux autres par les bras et les jambes, empêchant les gens d'entrer. Des affiches "Macron président des pollueurs" ont été collées sur les vitres de la tour, et le même slogan tagué sur le sol, en noir et en jaune.

"Il faut que le gouvernement impose une politique contraignante et fasse respecter les engagements pris pendant la COP21, parce que s'il y a un effondrement, on sera la première génération concernée", a indiqué Clarisse, 18 ans, venue spécialement d'Angers.

Une opération inédite

Greenpeace est habituée des actions spectaculaires, comme s'introduire sur le site de centrales nucléaires ou grimper sur la Tour Eiffel pour déployer une banderole, mais cette opération coordonnée de masse est une première. "C'est la plus grosse action que l'on ait organisée", a souligné Pauline Boyer, porte-parole d'ANV-COP21, association qui organise depuis plusieurs mois des "décrochages" des portraits d'Emmanuel Macron dans les mairies.

L'opération avait été préparée dans le plus grand mystère, les militants étant prévenus de points de rendez-vous par SMS peu avant. Avec des critères stricts à respecter pour les participants prêts à se faire arrêter : visage "toujours" à découvert, "aucune agression physique, verbale ou psychologique tolérée", et "aucune" dégradation de biens.

Total défend sa stratégie 

Total poursuit une stratégie pour limiter le changement climatique mais ce n'est "pas si facile", a déclaré son PDG Patrick Pouyanné, en réponse à cette action. "Beaucoup de gens manifestent aujourd'hui encore à Paris sur ces défis, demandant que plus soit fait" contre le changement climatique, a-t-il dit dans un discours lors d'un sommet pétrolier à Paris. "Nous savons tous que ce n'est pas si facile parce que la première demande de la population est d'avoir accès à plus d'énergie, une énergie abordable, et qui doit être propre", a répondu Patrick Pouyanné, patron du géant pétrolier et gazier français.

"Chez Total, nous essayons de mettre tout cela en action avec une stratégie où nous continuons à améliorer l'efficacité de toutes nos opérations", a-t-il fait valoir. Il a évoqué ainsi l'électrification des processus dans l'industrie pétrolière et gazière pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. "Nous continuons à croître dans le gaz naturel", un hydrocarbure dont l'utilisation est moins émettrice de gaz à effet de serre que le pétrole, a rappelé Patrick Pouyanné. "Nous développons aussi une activité d'électricité bas carbone à partir de gaz ou de renouvelables". Il a enfin cité la promotion des biocarburants et des investissements dans des puits de carbone.

Un mouvement de désobéissance parti de Londres 

La semaine de désobéissance civile lancée par Extinction Rebellion a été particulièrement suivie à Londres. Plusieurs milliers de personnes ont notamment bloqué cinq lieux emblématiques de la capitale (Marble Arch, Oxford Circus, Waterloo Bridge, Parliament Square et Piccadilly Circus). Près de 500 militants y ont été arrêtés depuis le début de la semaine.