"C'était l'apocalypse" : une infirmière raconte les heures d'après la tempête Alex

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La ville de Tende a été fortement touché par la tempête Alex 1:42
La ville de Tende a été fortement touché par la tempête Alex © CHRISTOPHE SIMON / AFP
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Sur Europe 1, Françoise Vada, infirmière à l'hôpital de Tende, dans les Alpes-Maritimes, raconte son travail et celui de ses collègues après le passage de la tempête Alex. C'est le système D qui a été mis en place... et qui se prolonge, car cinq jours après les intempéries, l’électricité n'est toujours pas revenue dans son hôpital. 
INTERVIEW

Vendredi et samedi, des pluies diluviennes se sont abattues sur la vallée de la Roya et dans le Sud-Est du pays, causant la mort d'au moins quatre personnes. Invitée de la matinale d'Europe 1 mercredi, Françoise Vada, infirmière à l'hôpital de Tende, petit village dans les Alpes-Maritimes désormais coupé du monde, est revenu sur son travail et celui de ses collègues après le passage de la tempête Alex. "Franchement, c'était l'apocalypse", raconte-t-elle.

Le système D pour faire face à l'afflux de patients

L'infirmière est mobilisée depuis samedi. "Lorsque je suis arrivée à six heures et demie, j'ai vu dans le hall de l'hôpital qu'ils [ses collègues, ndlr] avaient mis tous les patients couchés comme ils le pouvaient sur des matelas, sur des palettes, sur des lits : sur tout ce qu'ils avaient pu récupérer dans la nuit"

"Samedi, on n'avait même plus les moyens d'appeler les médecins de garde"

"Il y avait les patients dans le hall, les patients qui étaient au premier étage. Il y en avait au deuxième, il y en avait au troisième : c'était l'urgence", poursuit l'infirmière, par ailleurs conseillère municipale. Mais malgré un manque de tout, Françoise Vada a constaté une grande solidarité. "Les infirmières et aides soignants ont travaillé le lendemain. Physiquement et moralement, c'était très, très dur."

Cinq jours après le passage de la tempête, la crise est toujours là. "Ce mercredi matin, on n'a pas encore d'électricité. On a un peu de réseau, mais je ne sais pas jusqu'à quand : des fois, il s'en va. Hier, il est parti pendant toute la nuit", raconte Françoise Vada. "On vit au jour le jour. À l'hôpital, samedi, on n'avait même plus les moyens d'appeler les médecins de garde. Si on avait un problème, on devait leur courir après."

"Certains se disent qu'on va tous être évacués et que cette vallée va mourir"

"On n'a plus de réseau, plus d'eau, plus d'électricité, plus de trains, plus de routes, plus rien" résume et déplore Françoise Vada, alors que les autorités estiment à deux mois au moins la durée des travaux pour reconnecter Tende au reste du monde. "Sur cette période qui démarre, on est un peu mitigés. Il y a ceux qui ont de l'espoir et ceux qui n'en ont plus du tout. Certains se disent qu'on va tous être évacués et que cette vallée va mourir"

Alors que le président de la République doit se rendre sur place ce mercredi, l'infirmière appelle à "ce que les politiques s'y mettent" et donc à une action de l'État. "Il faut que l'État fasse quelque chose, mais maintenant, pas dans quelques mois !" Mardi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que le Conseil des ministres déclarera dans les territoires concernés l’état de catastrophe naturelle​.

Europe 1
Par Ariel Guez