Hommage Samuel Paty 2:18
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Virginie Riva, édité par Mathilde Durand
Les élèves de France ont rendu hommage au professeur Samuel Paty, assassiné pour avoir montré des caricatures dans un cours sur le liberté d'expression. Europe 1 était dans un collège du 11e arrondissement de Paris, aux côtés des élèves et de l'équipe enseignante pour ce moment de recueillement très respecté.
REPORTAGE

Ce lundi, 12 millions d'élèves ont repris le chemin de leurs établissements scolaires dans une France confinée et encore marquée par la mort de Samuel Paty. Une minute de silence a eu lieu à 11 heures, suivi d'un temps de recueillement pour les élèves, en hommage au professeur d'Histoire-Géographie, assassiné pour avoir montré en classe des caricatures du prophète Mahomet. Europe 1 était aux côtés des collégiens de l'établissement Lucie et Raymond Aubrac, dans le 11e arrondissement de Paris. La minute de silence a été très respectée.

Les élèves se sont montrés très émus, certains recueillis, les mains croisées face aux photographies en noir et blanc du professeur Samuel Paty, affichés sur les murs de la cour du collège. Des parents d'élèves étaient également présents.

Pour introduire cette minute de silence, la principale du collège Christine Mengin a d'abord lu, comme dans toutes les écoles, la lettre aux instituteurs et institutrices, écrite par Jean Jaurès en 1888. "Vous tenez en vos mains l'intelligence et l'âme des enfants", a-t-elle déclamé.

Le directeur académique Marc Teulier est ensuite venu spécifiquement adresser aux élèves un message républicain. "En assassinant Samuel Paty, un professeur d'Histoire-Géographie, on a porté atteinte à l'un des principes fondamentaux de notre République, celui qu'on appelle la laïcité. C'est le Droit en France, de croire dans la religion que vous avez choisie."

Un enseignement civique et moral prévu par binôme

Un message d'autant plus important que la séquence pédagogique qui devait avoir lieu a finalement été supprimée, dans le contexte sécuritaire et sanitaire. Seul le professeur principal a pu dire quelques mots aux élèves, visiblement touchés.

"C'était émouvant. C'est important de commémorer sa mort et je trouve que c'est nécessaire de faire une minute de silence", confie un des élèves. "On est en France, il y a des droits. On peut se parler, si on n'est pas d'accord on n'est pas obligé de tuer des gens, juste parce qu'ils font leur travail", ajoute un de ses camarades. "Une minute de silence n'est pas assez, je trouve qu'on aurait pu en faire plus. Ça aurait pu arriver à n'importe qui, même dans notre collège", poursuit une jeune fille.

La principale du collège a déjà prévu durant tout le mois de novembre un enseignement civique et moral par binôme, assuré par un professeur d'Histoire-Géographie et un professeur d'une autre discipline volontaire.