Pass sanitaire QR code 2:04
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Carole Ferry et Yasmina Kattou , modifié à
Depuis ce lundi, le pass sanitaire est désormais obligatoire pour les salariés qui travaillent dans les lieux recevant du public. La mesure ne ravit pas tous les employés, certains même se disent prêts à changer de travail pour ne pas avoir à se faire vacciner contre le Covid-19. C’est le cas dans ce centre commercial situé en région parisienne.
REPORTAGE

A l'entrée de ce grand centre commercial, les QR codes de chaque client sont scannés avant d'accéder aux boutiques. Lundi matin, c’est désormais aux salariés de montrer patte blanche pour pouvoir venir travailler. Un geste "rassurant" pour Mélissa, la responsable en magasin. "On sait que les gens ont pris leurs dispositions. Ils sont testés, ils sont vaccinés", avance-t-elle. "Ça permet quand même de retrouver une ambiance un peu pré-Covid, c'est plutôt cool !". 

A partir de ce lundi, les salariés des entreprises qui accueillent du public (salles de spectacles, les cinémas, les discothèques, les lieux de santé, les centres commerciaux…) doivent posséder un pass sanitaire pour pouvoir venir travailler. Cela concerne non seulement les employés mais aussi les bénévoles, les intérimaires et les sous-traitants. Les livreurs sont exemptés. 

"Je ne compte pas me faire vacciner"

Et cette nouvelle extension du pass sanitaire pour lutter contre la pandémie de coronavirus est loin de ravir tout le monde. Dans un magasin de prêt-à-porter face au centre commercial, Lina dénonce une obligation vaccinale dissimulée. "Je ne me suis pas fait vacciner et je ne compte pas me faire vacciner", affirme-t-elle. Et cette vendeuse paraît déterminée : "Si je n'ai plus de solution, je compte trouver un autre travail où on ne m'imposera pas ce pass sanitaire".

Si le salarié n’a pas de pass sanitaire, il peut poser des congés ou des RTT. En cas d’impossibilité, le contrat de travail n'est pas rompu mais suspendu. L'employeur a alors 3 jours pour réfléchir à une solution. Cela peut prendre la forme d’une nouvelle affectation. Comme à la SNCF où un contrôleur sans pass changera d’activité pour se trouver dans un lieu qui n'accueille pas de public. Mais certaines entreprises ne peuvent par réaffecter leurs salariés. L’employé restera alors chez lui, sans être payé. Il ne pourra pas être licencié ou toucher le chômage.

"Les gens sont très arrêtés sur le sujet"

Ces situations sont "compliquées" à gérer, déplore Benoit Berteloot, directeur général du centre de congrès "La Cité des échanges", près de Lille. "Les gens sont très arrêtés sur le sujet, même des salariés avec qui on s'entend très bien et qui sont très impliqués dans la boîte", explique-t-il. Avant d’ajouter : "je sais que j'ai un ou deux cas de figure où la personne préfère supporter toutes les conséquences financières et rester chez elle".

Mais Benoit Berteloot est toutefois très satisfait de cette décision politique. Son carnet de commandes est plein jusqu'à la fin de l'année. Il est convaincu que ce pass sanitaire obligatoire, y compris pour les salariés, permet de rassurer ceux qui organisent des congrès dans son établissement.