Carole, 27 ans, diabétique depuis ses 9 ans : "Il faut s'adapter à tout et beaucoup anticiper"

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© AFP
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La vie de Carole a changé lorsqu'elle avait 9 ans. On lui a diagnostiqué un diabète de type 1. Dès lors, sa vie n'a plus été la même, comme elle le confie chez Olivier Delacroix mardi.
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Comme plus de 3,3 millions de personnes en France, Carole, 27 ans, est diabétique. Diagnostiquée à l'âge de neuf ans, sa vie a basculé, rythmée par les traitements médicaux. Le diabète est une maladie contraignante, à laquelle s'ajoute d'autres complications, comme elle le raconte à Olivier Delacroix, mardi sur Europe 1.

 

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"J'ai été diagnostiquée en 2001. À l'époque, le diabète ne faisait pas partie du quotidien en terme de prévention. Ce n'était pas quelque chose qui était facilement évoqué dans les médias. J'avais neuf ans lorsque j'ai été admise dans un hôpital au service pédiatrique. On m'a expliqué simplement le diabète, avec des mots qu'on utiliserait devant un enfant. C'était important : l'effet est toujours présent, car lorsque j'explique mon diabète, j'utilise les mêmes termes que les médecins ont utilisé il y a 18 ans. Ils m'ont permis de comprendre ma maladie, ce qui est la première étape et ça l'a rendu plus accessible.

J'avais 9 ans donc je n'ai pas eu le temps de prendre conscience de ce qui se passait. J'ai été catapultée dans un autre monde, avec un traitement, des termes médicaux nouveaux... Je n'ai pas eu le temps de me projeter sur mon futur. J'ai suivi le mouvement. Cela a été plus dur pour mes deux parents que pour moi.

Entendu sur europe1 :
La difficulté, c'est la réaction des autres : le regard des gens

Le diabète est une maladie contraignante au quotidien. Quand on a un rythme qui est le même tous les jours, il y a des choses à prendre en compte. Mais en voyage, on n'a pas le même calendrier, pas les mêmes réactions. Il faut vraiment s'adapter à tout, beaucoup anticiper. Cela demande une concentration particulière. Mais c'est un rythme et des réflexes que l'on apprend. La difficulté, c'est la réaction des autres : le regard des gens.

Dans le cadre des mes études, je suis partie à l'étranger un an, au Chili. Au moment de prendre une assurance, ma mutuelle universitaire a refusé de me prendre en charge. On m'a expliqué que l'assurance ne voudrait pas me couvrir. Donc je suis passée par la mutuelle de mon père, qui a accepté. Ce fut un coup très dur pour le moral. On se rend compte que l'on est discriminé : une personne avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Les assurances nous donnent l'impression que l'on vit avec un risque de mort. Or, ce n'est pas le cas avec un diabète de type 1. Pour l'immobilier, c'est la même chose. Je ne suis pas dans cette démarche-là actuellement, mais je sais qu'au moment où je voudrais faire un emprunt pour acheter, je vais être confrontée à d'autres discriminations, d'autres injustices, d'autres combats que je devrais mener."

Europe 1
Par Guillaume Perrodeau