"Ça n'est pas pour vous emmerder mais pour dire 'stop' à cette réforme" : un syndicat RATP essaie de convaincre les usagers sur la grève du 5 décembre

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© LIONEL BONAVENTURE / AFP
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Alors qu'une concertation est organisée jeudi entre le gouvernement et des responsables de différents syndicats de la SNCF et de la RATP, l'UNSA-RATP, première organisation au sein de la régie autonome des transports parisiens, a choisi de bouder la rencontre, préférant organiser des séances de tractage.  
REPORTAGE

À deux semaines du 5 décembre, le gouvernement tente de déminer le sujet explosif de la réforme des retraites. Des réunions de concertation sont prévues jeudi avec Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites et Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'Etat aux Transports. Les syndicats de la SNCF et de la RATP ont été conviés, mais certains ne viendront pas. C’est le cas notamment de l'UNSA-RATP, premier syndicat de l'entreprise. Les agents ont préféré aller à la rencontre des usagers, pour leur expliquer les motifs de leur grève. Des distributions de tracts ont ainsi été organisées dans plusieurs gares parisiennes, à la gare St-Lazare et à la gare du Nord.

"La grève, à partir du 5 décembre, ça ne sera pas pour vous emmerder mais pour dire 'stop’' à cette réforme qui va nous nuire", explique un agent de la RATP aux voyageurs croisés dans le hall de la gare du Nord. "Bon courage", "on vous soutient"... Les paroles des passants sont plutôt rassurantes pour les syndicalistes de l'UNSA, malgré quelques moments plus tendus. Ainsi, cette femme qui avait un rendez-vous médical prévu de longue date le 5 décembre, et qui ne manque pas d’apostropher les agents : "Il faut que je vienne à Paris, que je prenne un hôtel. Ça va me coûter un bras. Vous pensez que j’ai les moyens ?"

"C’est peut-être leur seul moyen de revendiquer, mais ils emmerdent tout le monde !"

Les salariés défilent, sortent de leur RER ou de leur métro, plus ou moins intéressés par les tracts, mais certains s'attardent, comme Pierre, qui soutient la mobilisation. "À leur place, on ferait exactement pareil. Si j'étais entré dans cette fonction et que l'on me retirerait ce à quoi j’avais le droit dans mon contrat, je me révolterais !", lâche-t-il.

"Ce sera une grève inutile", estime Anne qui, chaque matin, doit prendre un bus et un train pour aller travailler. "Vous pensez réellement que ça va changer quelque chose ?", interroge-t-elle. "Moi, je ne ferai pas grève, j’irai bosser. C’est peut-être leur seul moyen de revendiquer, mais ils emmerdent tout le monde !" Le sourire revient quand une salariée de l'hôtellerie prend plusieurs tracts pour les distribuer elle-même à ses collègues. Et après deux heures passées en gare, les syndicalistes reprennent leurs cartons. Cette sortie était la première d'une longue série, jusqu'au 5 décembre.

Europe 1
Par Aurélien Fleurot, édité par Romain David