Bruits de poules, moqueries et harcèlement : un rapport sur le sexisme accable les parlementaires

  • A
  • A
Les rapporteurs proposent que les femmes puissent saisir la Haute Autorité pour la transparence en cas de violences sexistes. 1:33
Les rapporteurs proposent que les femmes puissent saisir la Haute Autorité pour la transparence en cas de violences sexistes. © Ludovic Marin, AFP
Partagez sur :
Le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes doit rendre lundi son rapport annuel sur l'état du sexisme en France. Si dans l'entreprise ou dans les médias les attitudes des hommes commencent à évoluer vis-à-vis des femmes, le changement est plus difficile dans le monde politique, "chasse gardée masculine", dénonce le rapport. 

Le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, qui rend lundi son rapport annuel, épingle les pratiques sexistes ayant particulièrement cours dans le monde politique. Remarques déplacées, disqualification des femmes, et même harcèlement et agressions sexuelles, un grand travail reste à faire, en particulier à l'Assemblée et au Sénat.

Le partage du pouvoir entre hommes et femmes en France est particulièrement déséquilibré : 84% des maires sont des hommes. Plus grave, ce sont les comportements même des parlementaires qui sont dénoncés dans le rapport du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes.

"Archaïsmes violents"

Selon Brigitte Gresy, présidente du Haut conseil, aujourd'hui personne ne contrôle les conduites des parlementaires : "Les députés et les sénateurs sont redevables devant leurs électeurs, mais la régulation collective ne peut pas se faire dans les assemblées parlementaires." Elle dénonce "des archaïsmes de sexisme très violents et très forts" allant des "bruits de poules" quand les femmes prennent la parole, jusqu'aux mimiques, soupirs et rires sur les bancs de l’assemblée.

Pour lutter contre ce sentiment d'impunité, les rapporteurs proposent que les femmes puissent saisir la Haute Autorité pour la transparence en cas de violences sexistes et sexuelles. L'instance indépendante contrôlant déjà le patrimoine des élus pourrait également se pencher sur les comportements déviants.

Europe 1
Par Eve Roger édité par Antoine Cuny-Le Callet