"Boues rouges": le tribunal de Grande instance de Marseille ouvre une information judiciaire

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L'usine Alteo de Gardanne a déversé, pendant des décennies, ses rejets dans le Parc national des Calanques.
L'usine Alteo de Gardanne a déversé, pendant des décennies, ses rejets dans le Parc national des Calanques. © BORIS HORVAT / AFP
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La tribunal de Grande instance de Marseille a ouvert une information judiciaire sur les "boues rouges" rejetées par l'usine d'alumine Alteo de Gardanne, a-t-on appris lundi. 

Le pôle santé du tribunal de Grande instance de Marseille a ouvert une information judiciaire sur les rejets de l'usine d'alumine Alteo de Gardanne, dans le Bouches-du-Rhône, a-t-on appris lundi de sources concordantes. Huit plaignants avaient déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui afin de faire cesser les rejets de cette usine qui a notamment déversé des "boues rouges" pendant des décennies dans le Parc national des Calanques. L'information, qui porte sur la période du 21 juin 2012 à juillet 2018, a été ouverte notamment pour "infraction à la législation sur les installations classées", a précisé le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux.

Les rejets liquides considérés comme dangereux. Depuis fin 2015, Alteo a cessé ses rejets en mer de "boues rouges" solides, ne rejetant plus qu'un effluent liquide. Les rejets solides sont désormais stockés sur un terrain, sur le site de Mange Garri, à Bouc-Bel-Air, près de Gardanne. Les plaignants, parmi lesquels des riverains de la zone de stockage, un pêcheur de La Ciotat, ainsi que l'ONG écologiste ZEA, estiment que les rejets liquides demeurent dangereux pour le milieu marin tout comme les boues stockées à proximité de l'usine et dont les poussières, un jour de fort mistral, avaient recouvert de nombreuses habitations.

En 2018, la justice a réduit de deux ans, à fin 2019, le délai accordé à l'usine pour mettre ces rejets liquides en conformité avec les normes environnementales.