Benjamin, victime de l'ambassadeur du Vatican en France : "Il faut mettre un terme à son impunité"

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Benjamin, victime d’attouchements sexuels de la part du nonce apostolique, a porté plainte. Il témoigne sur Europe 1.
INTERVIEW

Une victime de l’ambassadeur du Vatican en France prend la parole. Benjamin (son prénom a été changé pour conserver son anonymat), qui a déposé plainte contre le nonce apostolique pour des faits d’attouchements sexuels, a témoigné mardi soir sur Europe 1. "J’ai le sentiment que cette personne fait ça à beaucoup de gens. Je veux que tous ces gens, qui m’entendent, témoignent et portent plainte. Il faut mettre un terme à l’impunité de cette personne, qui est liée à son immunité diplomatique", a déclaré cet ancien agent de la mairie de Paris. "L’Église catholique a l’occasion de faire la pleine transparence sur ces actes. Donc je demande la levée de l’immunité diplomatique, pour que le nonce apostolique se retrouve face à ses actes".

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"Il m’a saisi la fesse". Le parquet de Paris a ouvert une enquête contre Mgr Luigi Ventura fin janvier, après qu’un jeune cadre municipal s’était plaint d’attouchements répétés au cours d’une cérémonie à l’hôtel de Ville le 17 janvier dernier. Benjamin a été victime des faits dans des circonstances similaires, un an auparavant. "C’était au cours de la même cérémonie, il a eu des gestes similaires avec la même assurance et la même décontraction. La cérémonie venait de s’ouvrir, j’étais à deux mètres de la maire en train de prendre des photos. Là, je sens quelqu’un qui pose la main gauche sur l’épaule, et avec la main droite, me saisit la fesse", a raconté cet ancien agent, qui travaillait alors à la Direction de la communication de la mairie de Paris.

"On n’est pas sur un frôlement, mais sur un geste assez clair. Je me suis tourné vers lui, et j’ai vu que c’était un ecclésiastique que je ne connaissais pas et qui me souriait. Je suis alors parti, et je suis allé voir des collègues de travail à qui j’ai signalé l’incident. Ils m’ont alors dit que c’était le nonce apostolique."

"On a affaire à un prédateur". Benjamin, qui espère que son témoignage libérera la parole d’autres victimes, estime que le nonce apostolique est un "prédateur". "Quand ça m’est arrivé l’année dernière, ça m’a décontenancé mais je me suis concentré sur l’aspect grotesque de la situation. En lisant le récit du premier plaignant, je me suis rendu compte qu’on avait affaire à un prédateur, et non pas à quelqu’un qui a eu un geste maladroit", a conclu Benjamin. 

À la suite de la révélation de cette enquête, le journal français La Croix dit avoir recueilli d'autres témoignages de jeunes hommes, dont beaucoup sont proches de l'Église, qui "disent avoir subi les mêmes gestes - mains sur les fesses ou les cuisses, gestes équivoques - de la part de Mgr Ventura".