Bac : pourquoi la publication des résultats n'a pas mis fin à la pagaille

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Trois jours après la publication des résultats des écrits, plusieurs questions restent en suspens pour une partie des élèves de Terminale passant le bac (photo d'illustration).
Trois jours après la publication des résultats des écrits, plusieurs questions restent en suspens pour une partie des élèves de Terminale passant le bac (photo d'illustration). © MARTIN BUREAU / AFP
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Si la plupart des candidats sont fixés sur leur sort, ceux convoqués au rattrapage - ou proches de l'être - subissent encore les conséquences de la "grève des copies". Certains parents envisagent déjà de saisir la justice. 
ON DÉCRYPTE

Les résultats des écrits du bac ont été publiés à temps, vendredi, malgré la grève des corrections de certains professeurs. Mais la pagaille autour de l'édition 2019 de l'épreuve, marquée par une protestation contre la réforme prévue par Jean-Michel Blanquer, n'est elle pas totalement finie. Si la plupart des lycéens sont fixés sur leur sort, un flou demeure en effet pour une partie des 103.000 candidats convoqués au rattrapage. D'autres espèrent l'être dans les prochaines heures, tandis que des parents d'élèves envisagent déjà de saisir la justice. Europe 1 fait le point. 

Parce que certains élèves restent dans le flou 

Pour environ 1% des candidats, les résultats affichés vendredi ne sont pas définitifs. Face à la menace de copies non rendues à temps, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a en effet mis en place une "solution technique" : en cas de notes manquantes, celles du contrôle continu ont été prises en compte à la place. Et si les notes de l'examen s'avèrent finalement meilleures, c'est celles-là qui seront conservées. 

Cela a deux conséquences concrètes pour les étudiants convoqués aux oraux de rattrapage - une étape accessible en cas de moyenne située entre 8 et 10 sur 20. Certains lycéens pourraient d'abord passer ces oraux pour rien et apprendre, après coup, que leur moyenne définitive aurait dû leur permettre d'y échapper. D'autres, recalés avec une note provisoire, seront peut-être appelés in extremis. C'est le cas de Rislaine, lycéenne de Seine-Saint-Denis rencontrée par Europe 1, lundi. Avec le contrôle continu, elle affiche pour l'instant 7,94 de moyenne au bac et manque les oraux de peu. "Si ma note de SES me permet d'aller au rattrapage, je passe demain", espère-t-elle. Avec un temps de révision réduit de trois jours par rapport à ses camarades fixés dès vendredi. 

Parce que les professeurs grévistes menacent toujours

La publication des résultats des écrits ne met pas, non plus, fin au mouvement des professeurs grévistes. Ceux-ci ont rendu les copies manquantes lundi matin mais entendent désormais peser sur le déroulement des oraux. Certains menacent de surnoter les candidats afin de "donner" le rattrapage à tous ceux qui s'y présenteront. D'autres refusent de faire passer les élèves dans ces conditions, entamant une "grève des oraux". "On a des fausses notes, on se base sur quelque chose qui est complètement faux, et on ne peut pas travailler là-dessus", explique ainsi à Europe 1 une professeure d'anglais de région parisienne. Ces enseignants peuvent-ils perturber la dernière étape du bac 2019 ? "Il y a eu des menaces de grève dans quelques endroits" mais "on a prévu des remplaçants", affirme-t-on rue de Grenelle. 

Parce que les parents d'élèves n'entendent pas en rester là 

Avec ces dysfonctionnements et interrogations en suspens, que vaudra cette année le diplôme du bac ? C'est la question que se posent déjà nombre de parents d'élèves, selon Rodrigo Arenas, président de la Fédération des Conseils de Parents d'élèves (FCPE). "Tout à coup, un diplôme national serait entaché d'irrégularités et de discriminations entre les enfants ?", interroge-t-il auprès d'Europe 1. "Il y a une vraie inégalité de traitement dans les faits. Les parents qui nous appellent nous disent clairement qu'ils envisagent d'aller au tribunal administratif si leurs enfants n'ont pas eu le bac alors que le copain de la famille d'à côté l'a obtenu dans des conditions qui sont différentes." 

Europe 1
Par Margaux Lannuzel avec Claudia Bertram