Audrey, 38 ans, complexée par ses cheveux roux : "À force, on se forge une carapace"

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Durant toute son enfance et son adolescence, Audrey a été moquée parce qu'elle était rousse. "On écoute, on laisse dire et on se renferme", a-t-elle confié à Olivier Delacroix, lundi, sur Europe 1.
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Audrey, 38 ans, a longtemps subi les brimades de ses camarades de classe sur la rousseur de ses cheveux. Grâce à l'aide de son père et à l'amour de son compagnon, elle est parvenue à faire de ce complexe une force. Elle s'en est ouverte à Olivier Delacroix, lundi, sur Europe 1.

"Poil de carotte, rouquemoute… J'en ai entendu des vertes et des pas mûres à l'école, à partir de la maternelle jusqu'à mes 15-20 ans. Ça m'a toujours suivie.

Enfant, c'est très dur de se défendre. On est pris pour cible. Alors on écoute, on laisse dire et on se renferme. Puis on rentre chez soi, et on a parfois des moments de solitude. J'en parlais à mes parents de temps en temps, mais pas systématiquement. Eux me défendaient automatiquement. 

Je suis rousse, donc j'ai la peau blanche et des taches de rousseur. Jusqu'à une vingtaine d'années, en plein été, je ne mettais pas de short ni de débardeur, je restais dans mes pantalons foncés de crainte qu'on vienne me dire : 'Han mais, t'es blanche !' C'est toujours désagréable, mais à force, on se forge une carapace.

>> De 15h à 16h, partagez vos expériences de vie avec Olivier Delacroix sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Gamine, je disais : 'Papa, je voudrais tellement changer de couleur de cheveux'. Il me répondait : 'Non ma fille, ta couleur de cheveux est magnifique, rare, et tout ce qui est rare est beau. Ça te distingue des autres, fais-en une force.'

À 17 ans, j'ai rencontré un garçon, qui est devenu mon mari. Il était attiré par des brunes aux yeux verts, pas du tout par les rousses. À l'école, il lui est aussi arrivé, comme tous les adolescents, de se moquer d'une personne rousse dans sa classe. Comme un arroseur arrosé, il est tombé amoureux de moi.

Aujourd'hui, cela fait 22 ans qu'on est ensemble. Il me dit que ma couleur de cheveux est flamboyante, magnifique. Il me dit : 'Ça fait ta personnalité, ton caractère.' J'ai la peau blanche certes, mais aussi douce et laiteuse, et selon lui, il n'y a pas plus joli."

L'avis de Marc Ferrero, psychologue clinicien

"Comment Audrey est-elle parvenue à faire de son complexe une force ? Elle avait autour d'elle au moins une personne bienveillante, en l’occurrence son père. C'est le plus important. Avoir des personnes qui vous écoutent, vous sécurisent, vous acceptent. Voilà une façon de construire son enfant de manière extrêmement positive.

Si son enfant est mal dans sa peau à cause d'un complexe, il faut lui donner la possibilité d'en parler avec son entourage immédiat. Puis de l'amener à prendre de la distance par rapport à la norme. Dès qu'on s'éloigne du familier, on commence à prendre conscience de ses différences, et on peut le percevoir comme un défaut. Les autres le repèrent en nous. Mais tout le monde, à un moment ou à un autre, a des complexes. On voit toujours ce que nous n'avons pas, et jamais ce que nous avons…"

Europe 1
Par Anaïs Huet