Dominique, 56 ans, à propos de l'héritage de son conjoint : "Sa famille a essayé de m'intimider"

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Grégoire Duhourcau , modifié à
Dominique a perdu son conjoint après 35 ans de vie commune, sans contrat de mariage. La famille de ce dernier a mal réagi en apprenant qu'elle apparaissait sur son testament. "J'ai été très blessée par leur réaction", confie-t-elle à Olivier Delacroix sur Europe 1.

Dominique, 56 ans, a partagé pendant 35 ans la vie d'un homme finalement décédé. Elle a expliqué à Olivier Delacroix que la famille de son conjoint n'a pas accepté qu'elle figure sur son testament, du fait qu'"il n'y avait pas de contrat, c'est-à-dire de contrat de mariage, pacs ou autre".

"[Il m'a légué] une partie parce qu'on ne peut pas léguer ce que l'on a comme on veut. Il y a quand même une loi très précise à ce sujet-là. Dans la succession, j'avais une part qui m'était attribuée. Dans mon cas, il n'y avait pas de contrat, c'est-à-dire contrat de mariage, pacs ou autre. Je m'attendais à ne rien recevoir parce qu'il n'y avait pas de contrat.

Je ne m'attendais pas [à son décès] parce que c'est arrivé très tôt dans notre vie. C'était accidentel donc évidemment, les choses auraient pu peut-être se préciser si on avait été un peu plus âgés et si on avait imaginé que la mort peut nous frôler aussi vite. Après réflexion, c'est vrai que c'était un risque mais la liberté est toujours un risque.

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"Je n'avais plus de légitimité"

Le choix [de me faire apparaître dans le testament] était certainement difficile pour [sa famille]. Pour moi, il était déjà, d'une part, étonnant parce que je n'étais pas au courant. Un testament, on n'est pas forcément au courant de ce que la personne écrit. Pour mon compte, j'étais un petit peu étonnée de ce qui m'arrivait. Dans l'autre partie, peut-être qu'ils s'attendaient à ce que je ne sois pas nommée dans la succession. Ils ont essayé de m'intimider, de faire en sorte que je n'assiste pas aux rendez-vous ou que je ne puisse pas me faire représenter. Ils ont essayé de faire en sorte que je n'aie pas la parole.

Il y a un lien de famille [avec eux] mais le lien de famille, il existe dans la relation sur le long terme. On s’aperçoit qu'en une fraction de seconde, dans la situation dans laquelle on se retrouve du jour au lendemain, ce lien peut ne plus exister. A fortiori quand il n'y a pas de contrat, quand ce n'est pas contractuellement validé. Je n'avais plus de légitimité.

"Je n'avais pas la force d'aller vers une bagarre juridique"

J'ai été très blessée par leur réaction mais des personnes plus âgées de la famille m'ont dit que de toute façon, il ne fallait pas que j'essaye d'obtenir quoi que ce soit. S'il n'y avait pas de dialogue, il n'y avait pas de dialogue. Il fallait simplement que je préserve ma santé, c'était le plus important et que je poursuive ce que j'avais toujours fait depuis le début, c'est-à-dire être dans ma vie à moi.

[J'ai essayé de faire en sorte que les choses se passent bien]. C'est ce que j'ai fait en premier parce qu'en fait, je savais que je n'avais pas la force d'aller vers une bagarre juridique. Je voulais vraiment rester la plus sereine possible pour essayer d'avancer au quotidien. Ça a été un réflexe, je ne sais pas pourquoi, de se dire qu'il faut d'abord discuter, il faut avoir un dialogue et poser les choses sur la table, dire ce que l'on veut, ce que l'on attend, ce que l'on n'attend pas et ne pas confier son problème à une tierce personne. Même si la justice est efficace dans notre pays, [je ne voulais pas me] dire : 'Je n'ai plus la décision entre les mains, je ne peux plus m'exprimer.'

Pour moi, c'est terminé. [Je me sens] beaucoup mieux. J'ai réussi à passer outre cette violence qui me tombait dessus."