Attentat de Conflans : le point sur les derniers éléments de l'enquête

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Des policiers devant le collèges où enseignait Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine.
Des policiers devant le collèges où enseignait Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine. © AFP
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L'enquête sur l'assassinat de Samuel Paty, tué vendredi à Conflans-Sainte-Honorine, se poursuit. Sept personnes ont été mis en examen, dont six pour "complicité d'assassinat terroriste". Parmi eux, deux adolescents suspectés d'avoir renseigné le terroriste au sujet de Samuel Paty.

L'enquête sur l'assassinat de Samuel Paty se poursuit. Sept personnes ont été mis en examen, dont six pour "complicité d'assassinat terroriste", un crime passible de la prison à vie. C'est le cas du parent d'élève Brahim Chnina et de l'islamiste sulfureux Abdelhakim Sefrioui, ainsi que de deux amis de l'assaillant, Naim B. et Azim E, 18 et 19 ans. Parmi les six personnes figurent aussi deux collégiens de 14 et 15 ans, laissés libres sous contrôle judiciaire mais astreints à vivre loin de leur département.

Les deux mineurs encourent 20 ans de prison

Les deux mineurs risquent 20 ans de prison, la peine de perpétuité ne pouvant pas être prononcée pour des mineurs. Le plus jeune a 14 ans, est de confession musulmane, et c’est lui que le terroriste a abordé le premier le jour de l’attentat, vers 14 heures. Le jeune adolescent a accepté son argent, au moins 300 euros, en échange de renseignements sur Samuel Paty.

Ils ont passé au moins deux heures ensemble vendredi, se cachant des caméras de vidéosurveillance. Deux heures au cours desquelles le terroriste lui a notamment expliqué qu’il voulait filmer le professeur, l’obliger à demander pardon pour la caricature du prophète, l’humilier et le frapper. L’adolescent avait donc connaissance des mauvaises intentions de son interlocuteur.

Selon son avocat, maître Charles-Emmanuel Herbière, il ne connaissait cependant pas ses motivations terroristes. "Ce n’est absolument pas un gamin radicalisé, fondamentaliste. C’est un gamin issu d’une famille française normale. Il est à mille lieux de toute cette saloperie islamiste. Face à moi, j’avais un enfant, un enfant qui pleurait à chaudes larmes. Il ne pleurait pas sur lui-même, il pleurait sur la mort du professeur." C’est donc l’appât du gain qui a justifié son comportement, selon son avocat.

Un message audio enregistré en russe juste après les faits

L'enquête se poursuit pour déterminer le degrés de complicité de chacun et si l’attaque était commandité. Selon les derniers éléments de l'enquête, le meurtrier de Samuel Paty était en contact sur les réseaux sociaux avec un djihadiste en Syrie. Les deux hommes communiquaient en russe. Le djihadiste a été localisé dans le nord-ouest syrien, à Idleb, grâce à son adresse IP. Les enquêteurs doivent désormais identifier précisément ce correspondant, et notamment savoir s'il s'agit d'un contact régulier, ou même d'un éventuel commanditaire. 

C'est aussi sur Instagram que le tueur a diffusé un message audio dans un russe hésitant, juste après son acte. Essoufflé, il explique qu'il a vengé le prophète, montré de manière insultante, selon lui, par Samuel Paty. Et demande à ses frères de prier pour "qu'Allah l'accepte en martyr", signe donc qu'il était prêt à mourir à l'issue de son acte.

Toujours en russe, deux mots font référence à l'Etat islamique. Avec ce message audio, deux tweets : l'un revendiquant son acte avec la photo de la tête de sa victime. La deuxième, la nommant : "C'est monsieur Paty".

Europe 1
Par Gwladys Laffitte, édité par Laetitia Drevet