Après l'émotion, l'affaire de la petite Lyhanna a fait ressurgir la colère de la population envers le système judiciaire et administratif défaillant. L'histoire rappelle le viol et le meurtre de Philippine, cette étudiante de 19 ans agressée au Bois de Boulogne par un homme d'origine marocaine et sous OQTF. Sa famille attend des réponses deux ans après le drame.
Sa mort avait bouleversé la France entière. Le 20 septembre 2024, Philippine Le Noir de Carlan était violée et tuée par Taha Oualidat, un ressortissant marocain sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF). L'affaire avait suscité l'émotion, mais aussi la colère face aux révélations accablantes sur le passé de récidiviste du suspect.
Aujourd'hui, l'affaire de la petite Lyhanna fait ressurgir ce triste souvenir. Car selon l'avocat de la famille de Philippine, Maître Virginie Leroy, les similarités sont criantes entre les deux dossiers.
"Il y a un point commun qui est inacceptable, c'est qu'on ne prend pas en compte dans le traitement des procédures, la dangerosité des individus", soutient-elle.
Des failles critiques dans la chaîne administrative et judiciaire
Car le violeur et le meurtrier de Philippine a déjà été condamné à 7 ans de prison ferme pour le viol d'une autre étudiante, dans un bois, trois mois après son arrivée en France. Après 5 ans de détention, il reçoit une OQTF, mais une erreur administrative entraîne du retard dans l'obtention des documents de voyage.
"Le deuxième point, c'est évidemment cette décision du juge des libertés et de la détention absolument lunaire qui n'accorde pas ce délai de 15 jours supplémentaires de rétention pour permettre d'obtenir ces documents de voyage", abonde Virginie Leroy.
"Donc, il est relâché et là, c'est le troisième dysfonctionnement majeur, on l'assigne à résidence, et il n'est pas conduit sur son lieu d'assignation. Le pointage quotidien qu'il devait effectuer n'était pas vérifié. En réalité, il est lâché dans la nature ni plus ni moins", déplore-t-elle.
La famille attend toujours une réponse de l'État deux ans après le drame. Si rien ne bouge, dit l'avocate, une plainte contre les responsables de ces défaillances pourrait être déposée.