Affaire Urvoas/Solère : "un exemple de l'immixtion du pouvoir dans les affaires"

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La présidente de l'Union syndicale des magistrats s'est indignée du manque d'indépendance de la justice après les révélations du "Canard enchaîné" sur l'ancien garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas. 
INTERVIEW

"Si c'est vrai, c’est scandaleux." Après les révélations du Canard Enchaîné sur une possible violation par Jean-Jacques Urvoas du secret professionnel, lorsqu'il était garde des Sceaux, la présidente de l'Union syndicale des magistrats (USM), Virginie Duval, s'est insurgée contre ces pratiques, qu'elle juge encore trop répandues aujourd'hui.

"Tout à fait inadmissible". "On sait que des informations remontent aux ministres par le biais des rapports qui sont faits par les parquets. Normalement, les ministres ne sont pas censés s'en servir. C'est tout à fait inadmissible que des informations dans une enquête soient révélées aux personnes intéressées, et à l'extérieur de la justice", fustige-t-elle au micro d'Europe 1, mercredi. Selon Le Canard Enchaînéle député Thierry Solère (ex-LR), visé par une enquête pour fraude fiscale, blanchiment et trafic d'influence, en aurait été informé directement par Jean-Jacques Urvoas, qui lui aurait transmis une note confidentielle. 

"La justice n'est pas indépendante". Depuis "des décennies", l'Union syndicale des magistrats mène un combat pour couper le cordon entre magistrats du parquet et pouvoir politique. "Mais les politiques ne veulent pas rompre ce lien. On comprend pourquoi maintenant", dénonce Virginie Duval. Pour elle, l'affaire Urvoas/Solère, si elle était avérée, serait un "exemple de cette immixtion du pouvoir exécutif dans les affaires individuelles". "Nos concitoyens ont le droit de penser que leur justice est indépendante, ce qui n'est pas le cas", déplore la présidente de l'USM.

Mercredi, le parquet de Nanterre a indiqué que la "responsabilité pénale" de l'ancien ministre de la Justice est susceptible d'être engagée dans cette enquête.