Laïcité à l'école : Jean-Michel Blanquer a dévoilé les chiffres

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Une professeure donne un cours au lycée de Brequigny à Rennes, dans l'ouest de la France, le 1er septembre 2020. © Damien Meyer / AFP
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Port de signes religieux, contestations d'enseignement... Les atteintes à la laïcité à l'école sont restées stables cette année, le collège étant le niveau le plus concerné, a affirmé mardi Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation. Si ce phénomène commence à être "endigué", selon le ministre, il a également évolué depuis le confinement. 

Les atteintes à la laïcité sont restées quasiment stables cette année. Les chiffres ont été livrés mardi par le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer devant les référents laïcité de chaque académie, tous réunis à la Sorbonne. Dans le cadre imposant du grand amphithéâtre de la Sorbonne, Jean-Michel Blanquer a annoncé 935 faits d'atteinte à la laïcité entre septembre 2019 et mars 2020, soit une légère baisse par rapport à l'année précédente. Le ministre a précisé que ce phénomène commençait à être "endigué".

"On a envoyé un message : on ne met pas les problèmes sous le tapis, au contraire, on demande que chaque fait de violation de la laïcité soit signalé et qu'une réponse proportionnée soit apportée", a précisé Jean-Michel Blanquer. Ce sont les directeurs d'école, les chefs d'établissements ou encore les inspecteurs qui font remonter ces signalements.

Hausse des atteintes venant des parents

Les contestations de la laïcité ont majoritairement lieu au collège, qui représente 45 % des signalements. Le ministère note aussi une forte progression en primaire, qui concentre 37 % des cas (19% au lycée). La grande majorité des faits sont commis par des élèves (57% cette année contre 61% l'an dernier). Le ministère note en revanche une augmentation des faits de la part de parents (19% cette année).

Le port de signes ou de tenues à connotation religieuse (une croix, un voile ou un turban Sikh par exemple) représente 15% des cas. Les contestations d'enseignement, le fait de désapprouver le contenu d'un programme par exemple, représentent 15% des cas. Enfin, les autres faits, tels que les insultes, les cris de violence à caractère religieux représentent 41% des cas. 

Depuis le confinement, des nouvelles formes d'atteinte 

Certaines atteintes ont également lieu dans les classes virtuelles, telles la diffusion en ligne de prières ou de chants religieux. Le ministère note par ailleurs une nouvelle forme d'atteinte à la laïcité, apparue pendant le confinement. "Durant des classes virtuelles, certains élèves se procuraient les codes d'une autre classe et y faisaient irruption pour la perturber, parfois avec des propos portant atteinte aux valeurs de laïcité", assure-t-on au ministère.

La majorité des signalements (53%) se concentrent sur six académies : Créteil, Grenoble, la Normandie, Toulouse, Versailles, Nice et Lyon.

Dans ce contexte, le ministre est aussi revenu sur le projet de loi contre le séparatisme. Il a précisé quelques détails de la loi en matière d'éducation. Concernant les écoles "hors-contrat" par exemple, il sera possible de fermer administrativement celles qui ne respectent pas leurs obligations pédagogiques. Jusqu'à maintenant, seul un juge pénal prenait cette décision, retardant ainsi la fermeture de l'établissement ciblé.  

En attendant que la loi entre en vigueur, il s'agira également de resserrer le contrôle à domicile.

Europe 1
Par Virginie Riva, édité par Tiffany Fillon, avec AFP