À Dijon, les passes d'armes politiques après les violences communautaires

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Le Pen Dijon RN 1:56
La dirigeante du RN Marine Le Pen a été escortée par les forces de l'ordre, à Dijon, mardi. © PHILIPPE DESMAZES / AFP
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Le secrétaire d'Etat après du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a récusé mardi tout retard des forces de l'ordre dans la réponse aux auteurs des violences récentes à Dijon. Egalement sur place, quelques heures plus tard, Marine Le Pen a dénoncé le "multiculturalisme" à l'oeuvre dans cette "sinistre séquence".
REPORTAGE

Les affrontementsdans le quartier des Grésilles, à Dijon, après quatre nuits de violences entre communauté tchétchène et milieu du trafic de drogue, ont pris un tour politique, mardi : le secrétaire d'Etat Laurent Nuñez a promis la fermeté face à ces agissements, tandis que la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a répondu directement au gouvernement, qu'elle accuse de vouloir simplement "s'interposer".

La police est intervenue "immédiatement", selon Nuñez

"Notre réponse sera extrêmement ferme", a d'abord affirmé Laurent Nuñez à sa sortie d'un commissariat dijonnais. Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur a voulu balayer les accusations de retard des forces de l'ordre, comme le pointent plusieurs habitants du quartier : "Les forces de l'ordre ne sont pas restées en retrait, c'est complètement inexact", a-t-il récusé. "Il y a des actions de représailles menées dès vendredi soir. Quand il y a eu cet accident de voiture, que tout le monde a pu voir, les effectifs de police sont intervenus immédiatement pour éviter des troubles à l'ordre public."

Laurent Nuñez a également annoncé le renfort de quelque 150 gendarmes mobiles sur les lieux des affrontements pour aider les policiers déjà sur place : "Les forces de l'ordre ont été présentes tout au long de cette séquence et elles vont le rester de manière déterminée", a-t-il prévenu.

Le Pen escortée par des CRS

Quelques heures plus tard, Marine Le Pen est arrivée dans le quartier des Grésilles à pied, escortée par une trentaine de CRS. Les policiers ont d'ailleurs dû repousser à coup de grenades lacrymogènes la centaine de militants d'extrême gauche qui avait quitté le cortège pour les hôpitaux afin d'empêcher la présidente du Rassemblement national de s'exprimer. 

Cette atmosphère tendue a conduit Marine Le Pen, dont le parti a été condamné pour recel d'abus de biens sociaux dans une affaire de financement électoral, à débuter sa conférence de presse avec une heure de retard. La dirigeante a notamment fustigé le "multiculturalisme responsable" des événements de ces derniers jours : "J'appelle les Français à regarder la vérité en face. Il ne s'agit pas seulement, comme veut le faire le gouvernement, de s'interposer entre des communautés, mais de mettre fin sans faiblesse à cette sinistre séquence. Ce qui se passe est un épisode d'un phénomène général."

Les Insoumis appellent à "démanteler les trafics"

Plus tôt dans la journée, le député Les Républicains Eric Ciotti a estimé sur Europe 1 qu'on "pouvait s'attendre" à cette flambée de violences car le gouvernement ne donne "pas de réponses face à la montée des tensions communautaires".

Quant à La France insoumise, ses responsables ont appelé au "démantèlement des trafics" et au "désarmement des gangs", tout en militant une nouvelle fois pour une police de sécurité du quotidien sans armes létales.