À Dijon, des violences ont éclaté entre la communauté tchétchène et des riverains. 1:44
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Romane Hocquet, édité par Margaux Baralon , modifié à
Des scènes de violences ont éclaté, ce week-end et lundi, à Dijon. Des membres de la communauté tchétchène s'y sont donné rendez-vous pour venger l'un des leurs. Un participant à ces représailles témoigne mardi au micro d'Europe 1, expliquant que, s'il n'est "pas fier" de ce qu'il a fait, il voulait que ça "serve de leçon" à l'agresseur du jeune de sa communauté.
TÉMOIGNAGE

"Je ne suis pas fier de ce que j'ai fait et de ce qui s'est passé là-bas." Mais il l'assume complètement. Un Tchétchène ayant participé aux violences qui ont secoué la ville de Dijon ce week-end et ce lundi a accepté, anonymement, de raconter à Europe 1 sa vision des choses. Des dizaines de membres de sa communauté ont en effet mené des expéditions punitives dans le quartier sensible des Grésilles pour, selon des sources policières, venger l'agression d'un jeune Tchétchène de 16 ans.

Ce dernier aurait été "agressé" par des dealers. "Quand un Tchétchène se fait frapper, on vient toujours parce qu'on est solidaire, il faut défendre les siens", explique le jeune homme, anonyme, à Europe 1. "Nous les Tchétchènes, depuis tout petit, on est éduqué comme ça. On est très peu, seulement un million dans le monde, éparpillés un peu partout. Donc si on n'est pas solidaires, on est perdus. Surtout quand on n'est pas en Tchétchénie, quand on est hors de chez nous."

"C'est dans notre mentalité, on n'aime pas passer par la police"

Lui explique qu'appeler les forces de l'ordre était impensable. "C'est dans notre mentalité, on n'aime pas passer par la police. On aime régler nos trucs seuls." Il assure encore que les membres de l'expédition punitive n'avaient "pas l'intention de faire des dégâts autour". "Tout ce qu'on avait, c'étaient des battes de Baseball, des barres en fer ou des bâtons et ce genre de choses. L'idée, c'était juste de les passer à tabac et que ça serve de leçon, qu'on ne touche pas aux Tchétchènes. Mais on n'avait pas l'intention de tuer."

Lundi, un renfort d'une centaine de forces de l'ordre a été dépêché à Dijon, selon la préfecture, afin de faire face à ces violences "inédites".