Le FN condamné pour "recel d'abus de biens sociaux" mais relaxé pour "escroquerie"

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L'ex-Front national n'a été condamné que pour un sous-volet de l'affaire du financement de la campagne des législatives de 2012. © BERTRAND GUAY / AFP
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La justice a relaxé l'ex-Front national des accusations d'escroquerie dans le financement des législatives de 2012. Le tribunal de Paris l'a condamné uniquement dans un sous-volet de cette affaire, éloignant la menace de dommages et intérêts astronomiques. Le parti d'extrême droite a salué un jugement "qui sonne comme une victoire".

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé l'ex-Front national des accusations d'escroquerie dans le financement des législatives de 2012 et l'a condamné uniquement dans un sous-volet de cette affaire, pour "recel d'abus de biens sociaux". Cette décision "sonne comme une victoire pour le Rassemblement national", a écrit le parti politique dans un communiqué.

Pas de "manoeuvres frauduleuses"

Au terme du procès en novembre, l'Etat avait réclamé au parti d'extrême droite, rebaptisé Rassemblement national, le versement de 11,6 millions d'euros au titre de cette escroquerie, correspondant selon lui aux dépenses électorales remboursées par l'argent public. Une épée de Damoclès pour le RN, qui vient de trouver un accord avec son créancier russe pour rééchelonner un prêt d'environ 9,6 millions d'euros souscrit en 2014.

Mais le tribunal correctionnel de Paris a estimé mardi ne pas avoir trouvé de "manoeuvres frauduleuses" ni de preuves de surfacturations derrière la fourniture obligatoire et uniforme de kits de campagne - tracts, affiches, sites internet… - aux candidats du parti et remboursés par l'argent public.

Le tribunal "a mis un terme aux accusations gravissimes largement relayées par les médias depuis de nombreuses années", se félicite le parti de Marine Le Pen. "Il n'a été retenu in fine qu'un recel d'abus de biens sociaux de la société Riwal qui a abouti à une condamnation à une simple peine d'amende de 18.750 euros", se réjouit le RN. 

Octroi d'un crédit sans intérêt

Cette amende de 18.750 euros représente le montant maximal pour une telle infraction commise à l'époque des faits. Soit bien moins que les 500.000 euros souhaités par le parquet, qui avait requis la condamnation pour les faits de complicité d'escroquerie.

Les magistrates n'ont donc retenu la culpabilité du parti que pour avoir profité d'avantages indus auprès de la société de communication Riwal, notamment l'emploi fictif de deux élus actuels, Nicolas Bay et David Rachline, de l'achat de matériel et surtout l'octroi au FN d'un crédit sans intérêt de plusieurs millions d'euros pendant trois ans.

Frédéric Chatillon condamné à de la prison ferme

La justice a par ailleurs condamné Frédéric Chatillon, proche conseiller de Marine Le Pen à la tête de Riwal, à 2 ans et demi de prison dont dix mois ferme. Cet ancien président du Gud, le syndicat étudiant d'extrême droite, a aussi été condamné à 250.000 euros d'amende pour plusieurs escroqueries ainsi que pour une longue série d'abus de biens sociaux au préjudice de son entreprise, estimé à 500.000 euros par le tribunal.

L'eurodéputé Jean-François Jalkh, juriste du parti, a pour sa part été condamné à deux ans de prison dont six mois ferme, ainsi qu'à une peine d'inéligibilité de cinq ans. Les magistrates ont considéré qu'il était "l'auteur du montage financier" et ne pouvait ignorer son "caractère fictif". Contre Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen qu'il présidait et qui a servi à ces manoeuvres, le tribunal a fixé une amende de 300.000 euros, dont la moitié avec sursis.