Marseille et la "malédiction des poubelles"

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et Nathalie Chevance, correspondante d’Europe 1 à Marseille
L’incendie de l’incinérateur de Fos-sur-Mer relance le débat sur la gestion compliquée des déchets.

L’INFO. Marseille et les communes alentours se retrouvent une nouvelle fois confrontées au problème de la gestion des ordures après un incident qui a ravagé l’incinérateur de Fos-sur-Mer. La pollution de l’air qui en a résulté et la gestion en urgence des déchets qui vont s’accumuler relancent un débat déjà sensible.
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incendie incinérateur fos-sur-mer

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Le contexte. Dans la nuit de vendredi à samedi, un incendie s'est déclenché dans l'unité de méthanisation des déchets de l'incinérateur régional. Le sinistre s'est ensuite propagé dans les différents bâtiments de valorisation organique touchant le centre de tri de l'incinérateur. Or Marseille a un besoin vital de ce site puisque la commune trie cinq fois moins ses déchets qu’en Bretagne ou en Alsace, et a donc grand besoin de les incinérer.

1.200 tonnes d’ordures par jour. C’est le volume de déchets jetés quotidiennement par les seuls Marseillais. Faute d’utiliser le site de Fos-sur-Mer, les déchets sont donc ramassés et jetés directement dans deux décharges aux portes de la ville, qui reçoivent déjà les ordures des départements voisins. Un stockage brut qui pose de nombreuses questions écologiques.

"A situation d’urgence, traitement d’urgence", justifie Eugène Caselli, président de la communauté urbaine, avant d’ajouter : "c’est la chaîne de tri des poubelles grises, celle que vous jetez dans les conteneurs qui ne sera pas faite. Je comprends les inquiétudes des gens, c’est normal qu’ils se posent des questions. Mais lorsqu’il y a des incendies, cela crée des contraintes".

11.03 Greve eboueur poubelle Marseille

"On est revenu à l’âge de pierre". Cette indulgence, le député EELV François Michel Lambert n’est pas prêt de l’accorder. "On est revenu à l’âge de pierre dans ce département", s’insurge-t-il, regrettant que la seule solution soit de "remplir plus vite un trou". "Tous les autres départements sont dans une autre logique de réduction des déchets et de ne pas être dans un incinérateur qui soi-disant règle tout. Les Bouches-du-Rhône, c’est la malédiction des déchets. Un jour il faudra qu’on en sorte." En attendant, la communauté urbaine a promis lundi que les déchets pourront à nouveau être incinérés à Fos "d'ici 8 à 10 jours".
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Une pollution de l’air ? Outre la réouverture d’un débat sur la gestion des déchets, les Marseillais attendent également les résultats des tests sur la qualité de l’air, dégradé par cet incendie. "Les premiers résultats devraient être connus sous 8 à 10 jours maximum", mais Simon Babre, le sous-préfet d'Istres, l’assure déjà : "comme l'ont montré les analyses d'Air Paca, le risque immédiat d'exposition à des fumées toxiques pour la population est cependant écarté, car le cône de fumée n'est pas parti en direction des habitations".

S’il reste utile pour évacuer la pollution provoquée par les sites du pourtour de l’étang de Berre, le mistral ne règlera pas pour autant l’épineuse question des déchets dans la cité phocéenne. Le candidat PS à la municipale, Patrick Mennucci, ne l’évoque qu’à la 79e place de son programme. Quant au maire sortant, Jean-Claude Gaudin, il n’est officiellement pas encore candidat et ne propose donc aucune piste.