Ben Laden "invité" du procès Clearstream

© REUTERS
  • Copié
Hélène Favier , modifié à
L'ANTISECHE - Retrouvez les points essentiels de la première audience Clearstream II.

Dans le box des accusés, trois hommes : Dominique de Villepin, Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin. Lundi, jour de la mort d’Oussama Ben Laden, s’est ouvert le procès en appel de l’affaire Clearstream. Voici ce qu'il fallait retenir de cette audience.

Lahoud change de rôle

Lahoud et ses liens avec Ben Laden - "Oussama Ben Laden ? Oui, je le connaissais personnellement",répond Imad Lahoud alors qu’il est interrogé par l’avocat de Jean-Louis Gergorin. Contre toute attente, le mathématicien soutient avoir rencontré trois fois Oussama Ben Laden et s’être occupé de ses réseaux de financement, mouillant au passage l’ancien vice-Premier ministre libanais Issam Fares. Il l’accuse d’avoir été le trésorier occulte du terroriste défunt.

La charge de Lahoud contre Villepin - "Dominique de Villepin a voulu éliminer Nicolas Sarkozy. Il a peur. Il ment. Que va-t-il devenir s'il est condamné ?", a lâché l'agrégé de mathématiques Imad Laoud en sortant du prétoire. Lors de l’audience, il avait insisté : "Jean-Louis Gergorin est coupable, Dominique de Villepin est coupable". Quid de son attitude en première instance ? "Quand on veut couvrir les coupables, on est obligé de mentir", a-t-il fustigé avant d'ajouter : "Il fallait tout nier pour couvrir Jean-Louis Gergorin et couvrir Dominique de Villepin (...) Jean-Louis Gegorin m'avait dit : "Tu seras le bouc-émissaire" de l'affaire".

Villepin détendu

Un Villepin souriant et "serein" - Dominique de Villepin est apparu souriant, comme en dehors du procès. Le parquet général a pourtant justifié son appel : "il n'était pas anormal, il était même souhaitable, pour ne pas dire nécessaire, que les faits reprochés à Dominique de Villepin soient soumis à un nouvel examen", a argué l'avocat général Jean-Louis Perol. A son arrivée au Palais de Justice, l'ex-Premier ministre avait choisi de ne pas commenter son affaire, réservant ses pensées aux "milliers d'hommes et de femmes tombés sous les coups du fanatisme et de la haine d'Oussama Ben Laden".

Clearstream II, l'affaire : L'affaire Clearstream avait éclaté au grand jour en 2004, mais ce n'est qu'en janvier 2006, alors que l'instruction piétinait, que Nicolas Sarkozy s'était constitué partie civile, promettant de pendre les coupables à "un croc de boucher". Convaincus que Dominique de Villepin était l'instigateur du complot, deux juges d'instruction l'avaient renvoyé en correctionnelle fin 2008, notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse". Toutefois le tribunal correctionnel de Paris l'avait relaxé le 28 janvier 2010. Une décision dont n'a pas fait appel Nicolas Sarkozy, grand absent de ce second procès.