Arras : le radar de la discorde

Un radar feu rouge du même modèle sème la zizanie boulevard de Strasbourrg, à Arras.
Un radar feu rouge du même modèle sème la zizanie boulevard de Strasbourrg, à Arras. © MAXPPP
  • Copié
avec Jessica Jouve
Des automobilistes bloquent les véhicules prioritaires à un feu rouge par peur de l’amende.

Installé depuis une semaine, le radar fixé à un feu rouge d'Arras pose déjà problème. Par crainte d’une amende, les automobilistes refusent en effet de s’avancer pour laisser passer les véhicules prioritaires. Les pompiers sont donc parfois obligés de doubler sur les trottoirs du boulevard de Strasbourg, dans la préfecture du Pas-de-Calais.

 

Car une amende de 135 euros et quatre points de moins sur le permis a de quoi effrayer. "On sait que les pompiers sont derrière, ça klaxonne, mais personne ne bouge. Vu qu’il y a le radar, personne ne veut avancer au feu rouge", confirme Pierre-Emmanuel, un automobiliste interrogé sur Europe 1. Carine, pourtant conductrice d’ambulance, abonde. "Si j’ai les pompiers derrière, je ne sais pas comment je vais réagir. Tout le monde est serré au niveau du budget, donc il arrive un moment où on dit stop ! Même s’il y a une ambulance derrière."

 

"Pas de problème"

 

A la préfecture du Pas-de-Calais, on estime que cette affaire résulte d’un mauvais procès, puisque l’examen des photos peut prouver la bonne foi des conducteurs. "En trois semaines, sur 500 infractions, pas une seule fois un véhicule prioritaire n’a été concerné", assure Yvan Boucher, directeur du cabinet du préfet du Pas-de-Calais. "Ça veut dire que les gens continuent excessivement de franchir les feux rouges, et que dans la quasi-totalité des cas, il n’y a absolument pas de problème avec les véhicules sécuritaires."

 

Les pompiers d’Arras, de leur côté, continuent de soulever le problème, qui leur fait perdre de précieuses secondes. Yvan Boucher a prévu de les rencontrer avant de décider de la suite à donner à cette affaire.