13-Novembre : trois ans de prison ferme pour une fausse victime des attentats

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Les attaques à Paris le 13-Novembre ont fait 130 morts.
Les attaques à Paris le 13-Novembre ont fait 130 morts. © MATTHIEU ALEXANDRE / AFP
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Cet homme de 29 ans avait déclaré se trouver au Bataclan le soir des attentats, ce que l'enquête a démenti. 

"Je demande pardon aux victimes et aux associations". Un homme de 29 ans, qui avait prétendu être une victime des attentats du 13 novembre 2015 pour toucher des indemnisations, a été condamné mardi à une peine de trois ans et demi de prison dont six mois avec sursis. Le tribunal correctionnel de Créteil a assorti la condamnation d'une mise à l'épreuve de deux ans comprenant une obligation de soins, l'indemnisation des parties civiles et a ordonné le maintien en détention du prévenu. Une décision proche des réquisitions du parquet qui avait demandé trois ans de prison ferme, une amende de 20.000 euros, une obligation de soins, l'indemnisation des parties civiles et son retrait des droits civiques pendant cinq ans.

"J'étais pris dans un engrenage". "J'étais pris dans un engrenage, j'ai fait tout ça sur un coup de tête mais je ne voulais pas en arriver là", s'est justifié Jean-Luc Batisse, sous l’œil de plusieurs familles de victimes des attentats. "J'étais dans un mal-être général, ma copine venait de me quitter et mes entraîneurs sportifs aussi, je n'allais pas bien." Il lui est reproché d'avoir escroqué 77.000 euros au Fonds de garantie des victimes de terrorisme et autres infractions pénales (FGTI) entre janvier 2016 et janvier 2019. Il était inscrit sur la "Liste unique des victimes" établie par le parquet de Paris, ce qui lui avait ouvert des droits à l'indemnisation.

Une fausse place du concert au Bataclan. Après les attaques djihadistes qui avaient fait 130 morts et des centaines de blessés le 13 novembre 2015 à Paris, il avait déclaré se trouver avec deux de ses amis dans la salle de concert du Bataclan, l'un des lieux visés. Ce que l'enquête a démenti. Pour faire croire qu'il s'y trouvait, il avait fourni une fausse place de concert des Eagles of Death Metal, le groupe qui se produisait ce soir là au Bataclan. A son dossier d'indemnisation, il avait également ajouté des photos de la salle de spectacle, qu'il avait, de son propre aveu, "trouvées sur le dark web". Il avait également tenté de se rapprocher du frère d'une des victimes décédées au Bataclan, allant jusqu'à lui dire qu'ils avaient été amis et qu'ils s'étaient rendus ensemble au concert.