Des scientifiques américains impriment des parties fonctionnelles du coeur

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Cette percée pourrait un jour permettre de reproduire des organes entiers, estiment les scientifiques. (Photo d'illustration)
Cette percée pourrait un jour permettre de reproduire des organes entiers, estiment les scientifiques. (Photo d'illustration) © JACK GUEZ / AFP
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Pour la première fois, des chercheurs ont réussi à imprimer en 3D une valve cardiaque fonctionnelle à partir de collagène.

Des scientifiques américains ont annoncé jeudi avoir réussi à fabriquer des parties fonctionnelles du cœur en collagène à l'aide d'une imprimante 3D. Une percée qui pourrait un jour permettre selon eux de reproduire des organes entiers.

Une valve cardiaque en collagène fonctionnelle

Leur technique, présentée dans la revue Science, parvient à reproduire les structures biologiques complexes du corps humain. "Ce que nous avons pu montrer, c'est qu'il est possible d'imprimer en 3D une valve cardiaque à partir de collagène et qu'elle fonctionne", a déclaré à l'AFP Adam Feinberg, l'un des co-auteurs de l'article. Les tentatives précédentes d'impression de ces parties du cœur, connues sous le nom de matrices extracellulaires, n'avaient pas abouti en raison d'une mauvaise fidélité des tissus et d'une faible résolution.

Des chercheurs de l'université israélienne de Tel-Aviv ont présenté en avril un prototype de cœur humain imprimé en 3D à partir de tissus humains et avec des vaisseaux, incapable cependant de pomper. Le collagène est un matériau idéal puisqu'il se trouve dans tous les tissus du corps humain. Les premières tentatives d'impression donnaient des résultats gélatineux, mais des scientifiques à l'université Carnegie Mellon ont réussi à faire en sorte qu'il se solidifie, en utilisant des changements rapides du pH.

"C'est la toute première version d'une valve, donc tout ce que nous concevrons en tant que produit sera de mieux en mieux", a indiqué Adam Feinberg. Cette technique pourrait un jour aider les patients en attente d'une transplantation cardiaque, mais elle devra d'abord être validée par des essais sur des animaux et éventuellement sur des humains. "Je pense qu'à court terme, il s'agit probablement de réparer un organe existant, comme un cœur qui a souffert d'une perte de fonction après une crise cardiaque ou une dégradation du foie", a ajouté le scientifique.