Vaccin AstraZeneca : "Ce n’est pas un vaccin de seconde zone", répond Alain Fischer

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Alain Fischer. 2:56
Alain Fischer. © Europe 1
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Alain Fischer, responsable de la campagne de vaccination en France, était l’invité d’Europe 1, jeudi matin. Il est notamment revenu longuement sur le vaccin AstraZeneca qui ne convainc pas l’opinion. pourtant, selon l’immunologue, ce vaccin est "excellent" et n’est pas un vaccin de "seconde zone". 
INTERVIEW

Tandis que la France a passé la barre des 3,3 millions de doses injectées, le vaccin mis au point par AstraZeneca doit venir renforcer le dispositif à partir du 25 février, date à laquelle les médecins de ville auront la possibilité de vacciner les 50-64 ans qui présentent des comorbidités. Mais le vaccin AstraZeneca ne convainc pas. "Ce n’est pas un vaccin de seconde zone. Il donne un taux d’efficacité très bon", a pourtant insisté l’immunologue Alain Fischer, jeudi matin sur Europe 1. "Ce vaccin est excellent", a également ajouté le responsable de la campagne de vaccination française.

Un taux de protection de 80%

"La seconde dose doit être administrée 12 semaines après la première. Dans ces conditions-là, le taux de protection est de 80%, soit le même que les vaccins ARN (comme Pfizer/BioNTech et de Moderna)", a détaillé Alain Fischer. Les généralistes, qui avaient jusqu'à mercredi soir pour réserver leurs doses auprès d'un pharmacien, sont cependant moins de 50% à l'avoir fait. En cause : une image de vaccin moins efficace que ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna, mais aussi des effets secondaires qui ont été détectés chez des soignants.

"Il y a eu de la dramatisation"

En effet, l'Agence du médicament (ANSM) a relevé 150 cas d’effets secondaires chez les personnels de santé, désorganisant de fait certains hôpitaux qui avaient lancé des campagnes de vaccination. Certains établissements ont même suspendu les vaccinations, comme à Saint-Lô, Brest, Morlaix, ou encore dans la capitale. "En termes de tolérance, il est vrai que chez les sujets jeunes, il provoque un peu plus souvent un syndrome pseudo-grippal. Comme il a été utilisé pour vacciner de jeunes professionnels de santé, ça crée un peu d’émoi, mais il faut raison garder", a répondu Alain Fischer. "Il y a eu de la dramatisation", a-t-il insisté.

Pour diminuer les effets secondaires, l’immunologue recommande de prendre un comprimé de paracétamol juste avant l’injection de la première dose. Et pour ne pas désorganiser les services par de nombreux arrêts maladies provoqués par les effets secondaires, Alain Fischer veut suivre les recommandations de la Haute autorité de santé de ne pas vacciner le même jour tout le personnel d’un même service, une mesure "de bon sens", selon lui.

Europe 1
Par Léa Leostic