Sûreté des implants mammaires : pas d'interdiction globale des implants texturés, affirme Agnès Buzyn

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Sur 500.000 femmes porteuses d'implants en France, 53 cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC) ont été recensés depuis 2011.
Sur 500.000 femmes porteuses d'implants en France, 53 cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC) ont été recensés depuis 2011. © AFP
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Mardi, la ministre de la Santé a affirmé que les implants texturés ne seraient pas interdits pour le moment pour "ne pas mettre en difficulté certaines femmes". 

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a affirmé mardi que la préférence était aujourd'hui donnée aux prothèses lisses lors de l'implantation de prothèses mammaires, mais sans interdire pour le moment les implants texturés, malgré certains risques. "Aujourd'hui, les recommandations faites par les professionnels sont de préférer des prothèses lisses aux prothèses texturées. C'est un récent congrès d'experts, la semaine dernière, qui a conclu qu'il valait mieux poser des prothèses lisses. C'est ce que propose l'agence du médicament à tous les professionnels", a indiqué Agnès Buzyn sur France Inter.

"Ça peut évoluer dans le temps". Mais, a-t-elle ajouté, "il y a des cas où c'est mieux pour les femmes d'avoir une prothèse texturée, donc si on interdit complètement, on va mettre en difficulté un certain nombre de femmes. Pour l'instant, il n'y a pas de décision de police sanitaire qui interdirait. Ça peut évoluer dans le temps si nous avons des preuves scientifiques que ces prothèses sont particulièrement toxiques. Aujourd'hui, l'avantage est aux prothèses lisses, mais nous n'interdisons pas pour l'instant la pose des prothèses texturées".

Un comité d'experts se pencheront sur ces implants en février. L'Agence du médicament (ANSM) a annoncé la semaine dernière qu'un comité d'experts se pencherait en février sur la sûreté des implants à enveloppe texturée, qui représentent 85% du marché français, après avoir recensé des cas d'une forme rare de cancer chez des femmes qui en portent. Les recommandations de ce comité pourraient aller jusqu'à l'interdiction de ce type de prothèses, au profit des implants à enveloppe lisse.

Des cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules. Sur 500.000 femmes porteuses d'implants en France, 53 cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC) ont été recensés depuis 2011, concernant essentiellement des implants à enveloppe texturée. "Pour les gens qui ont un implant aujourd'hui, juste soyez alertés si vous avez des signes. Retournez voir votre chirurgien ou votre médecin, qui doit pouvoir soit vous rassurer soit faire des examens complémentaires", a souligné la ministre.

Buzyn se veut rassurante sur les implants médicaux. Interrogée plus largement sur l'enquête d'une cinquantaine de médias sur le secteur des implants médicaux dans le cadre du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), publiée dimanche, la ministre a souligné vouloir "rassurer quand même les Français, parce que face à ce 'scandale européen', il n'est pas équivalent dans tous les pays d'Europe". 

"La France avait mis en place énormément de choses, par exemple l'obligation d'enregistrer tous les dispositifs médicaux depuis 20 ans", a-t-elle ajouté. "Nous sommes quasiment le seul pays en Europe à avoir une évaluation pratiquement de tous les dispositifs médicaux implantables depuis des années". L'enquête "Implant files" de l'ICIJ dénonce notamment la facilité avec laquelle des fabricants peuvent obtenir le droit de commercialiser des dispositifs médicaux en Europe.