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avec AFP / Crédits photo : PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP , modifié à
L'Agence de la biomédecine estime dans une étude que le niveau des greffes d'organes a continué de remonter en France en 2023, sans toutefois retrouver celui de l'avant-Covid. "On est très satisfaits" de cette évolution, a résumé sa directrice, bien que cela ne suffisse pas face aux besoins croissants.

Le niveau des greffes d'organes continue de remonter en France mais n'a pas encore retrouvé celui de l'avant-Covid, affecté notamment par des refus grandissants de familles et par la crise persistante de l'hôpital, selon le bilan 2023 de l'Agence de la biomédecine. En 2023, il y a eu 5.634 transplantations, le plus souvent de reins, davantage que l'année précédente (+2,5% sur un an, soit 139 greffes supplémentaires) et plus encore qu'en 2020 et 2021, années percutées par la crise du Covid.

Les résultats de 2023 ne rattrapent pas les près de 6.000 transplantations de 2019

"On est très satisfaits" de cette évolution, a résumé en conférence de presse Marine Jeantet, directrice générale de l'Agence de la biomédecine, soulignant qu'un don d'organes permet de "sauver entre trois et quatre personnes". Mais les résultats de 2023, détaillés par cette agence gérant les greffes d'organes, n'ont toujours pas rattrapé les 5.903 transplantations de 2019, avant le Covid.

Et ça ne suffit pas face aux besoins croissants : plus de 21.866 patients restent en attente de greffe, dont 11.422 immédiatement appelables. "L'activité de greffe augmente en France deux fois moins vite que le nombre de nouveaux inscrits en attente", a souligné François Kerbaul, directeur du prélèvement.

Les freins qui se dressent devant les greffes

Les greffes se heurtent encore à un taux de refus élevé, supérieur à un tiers (36,1%) des situations où une transplantation pourrait intervenir et en "hausse significative" sur un an (+9,4%). Tous les Français sont donneurs présumés, mais beaucoup n'ont pas donné leur position à leur famille, et un proche peut dire s'il pense que le décédé ne l'aurait pas souhaité. Quant aux inscriptions sur le registre national des refus, elles "restent minimes - environ 0,7% de la population -", mais "nous avons été surpris par une augmentation importante des moins de 35 ans, avant c'était majoritairement des plus de 60 ans", a noté Marine Jeantet.

Face aux "idées reçues", l'agence veut rassurer : "tous les organes prélevés servent à des interventions thérapeutiques, pas à des recherches scientifiques ; les greffons sont attribués sur des critères uniquement médicaux, la catégorie socio-professionnelle ou l'origine ne rentrent pas en compte" ; "aucune religion monothéiste ne s'oppose au don d'organes, et il est possible de faire tous les rites funéraires".

Autre frein aux greffes : l'hôpital reste "en souffrance", "l'activité chirurgicale n'y a pas retrouvé le niveau d'avant-Covid" par manque de personnel, selon Marine Jeantet. Critiquée par la Cour des comptes fin janvier, l'Agence de la biomédecine met en avant ses multiples actions (communication, travail avec les hôpitaux, formation de soignants, etc) pour respecter le plan greffe 2022-2026.