C'est une question que se posent certains fidèles : le pape a-t-il attendu d'avoir célébré Pâques avant de mourir ? Une supposition qui ne surprend pas les médecins puisque le phénomène est bien connu dans les services de soins palliatifs.
Retarder la mort, l'inévitable. C'est ainsi ce que parviennent à faire certaines personnes malades. C'est en tout cas ce qu'a souvent constaté Claire Fourcade, présidente de société française de soins palliatifs et cheffe d'une unité à Narbonne.
"Il y a des choses qui nous échappent"
"On a eu une patiente qui attendait la naissance d'un petit-fils, elle a tenu alors que nous on avait l'impression que vraiment elle était au bout de ses ressources. On a eu un autre exemple, où un patient avec un fils à l'étranger avec qui il n'avait pas parlé depuis des années. Du coup, une communication téléphonique a pu se mettre en place. Et le patient a lâché prise très rapidement ensuite", confie-t-elle au micro d'Europe 1.
"Il ne s'agit pas que d'une question médicale. En fait, il y a des choses qui nous échappent", poursuit-elle. Mais si le phénomène est encore médicalement inexplicable, il a fait l'objet de nombreuses études, dont celle menée par Jean-Marie Gomas en 2015. Il était alors gériatre.
Un pic de mortalité en France observé après les fêtes de fin d'année
"On a étudié des centaines de décès, en analysant quelles étaient les visites qui étaient rendues à la personne malade dans les jours précédents et le jour de son décès. On a montré que plus de trois quarts des malades attendent que toutes les visites soient terminées et que les personnes soient sorties de la chambre pour s'arrêter de respirer", explique-t-il.
Ainsi, en France, on observe un pic de décès chaque année, le 3 janvier. Le nombre de morts bondit alors d'environ 30% après les fêtes de fin d'année, souvent passées en famille.