L'Ordre des médecins prend ses distances avec l'homéopathie

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L’homéopathie ne doit pas être le premier remède proposé selon l'Ordre des médecins. Image d'illustration.
L’homéopathie ne doit pas être le premier remède proposé selon l'Ordre des médecins. Image d'illustration. © FRED TANNEAU / AFP
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Pour l'Ordre des médecins, "le traitement préconisé par un médecin ne peut, en aucun cas, être alternatif aux données acquises de la science". 

L'Ordre des médecins a publié mardi une "mise au point" sur l'homéopathie  qu'il range dans les pratiques "non éprouvées" par la science. "L'utilisation médiatique des termes de 'médecines alternatives et complémentaires', concernant notamment l'homéopathie, entretient une ambiguïté qui est source de confusion", a estimé le Conseil national de l'Ordre, autorité disciplinaire.

L'homéopathie ne doit pas être le premier remède proposé. Un débat sur l'homéopathie agite la communauté médicale depuis la publication mi-mars dans Le Figaro d'une tribune de 124 médecins contre cette pratique qu'ils rangeaient parmi les "disciplines ésotériques". Ils plaidaient pour l'arrêt du remboursement par la Sécurité sociale, comme chez la plupart des voisins de la France. Samedi, le quotidien Libération a relancé ce qu'il appelait lui-même une "guéguerre", en publiant un dossier plutôt favorable à l'homéopathie.

Sans prendre position sur la question du remboursement, l'Ordre dit clairement que l'homéopathie ne doit jamais être le premier remède proposé. "Tout médecin doit exercer la médecine conformément aux données acquises de la science, tant dans l'élaboration du diagnostic que dans la proposition d'un traitement", a-t-il écrit.

"Le Conseil national réaffirme, en conséquence, que la prise en charge médicale d'un patient doit être conforme aux exigences de qualité et de sécurité des soins, voire de leur urgence. Le traitement préconisé par un médecin ne peut, en aucun cas, être alternatif aux données acquises de la science et à l'état de l'art", a-t-il ajouté.

La France, numéro un mondial des préparations homéopathiques. L'Ordre laisse cependant une place à l'homéopathie. Selon lui, un traitement "peut comporter une prescription adjuvante ou complémentaire, médicamenteuse ou autre, que le médecin apprécie en conscience dans chaque situation, après avoir délivré au patient une information loyale, claire et appropriée". Mais "le code de la santé publique relatif à la déontologie médicale interdit de présenter comme salutaires et sans danger des prises en charge ou des thérapeutiques non éprouvées", rappelle l'Ordre des médecins.

La France est le pays du numéro un mondial des préparations homéopathiques, les Laboratoires Boiron. Tout généraliste peut en prescrire, et le pays compte en plus quelque 5.000 médecins homéopathiques, dont la spécialité n'est pas reconnue par l'Ordre.

Europe 1
Par Europe1.fr avec AFP