Diabète de type 1 : les symptômes qui doivent interpeller chez l’enfant

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diabète 4:48
En France, 400.000 personnes souffrent d'un diabète de type 1. © Pixabay
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À la différence du diabète dit "de type 2", forme la plus courante de cette maladie du système immunitaire, le diabète dit "de type 1" se déclenche généralement chez le jeune adulte, et parfois même dès l'enfance. Sur Europe 1, l'endocrinologue Ghislaine Hochberg en dresse le tableau clinique.

Lorsque l’on parle de diabète, il convient de faire la distinction entre les deux formes de la maladie. Le diabète de type 2, le plus repandu, touche 4 millions de personnes en France et se soigne plutôt bien, souvent avec une adaptation de l’hygiène de vie et des cachets. Moins connu car moins fréquent, le diabète de type 1 touche néanmoins 400.000 Français et nécessite généralement une prise en charge plus contraignante. Invitée mardi de Sans Rendez-vous, l’émission santé d’Europe 1, l’endocrinologue Ghislaine Hochberg revient sur les symptômes de cette maladie du système immunitaire.

À l’inverse du diabète de type 2, il a la particularité de se déclencher dans la plupart des cas chez de jeunes patients, âgés de 18 à 30 ans, et plus rarement chez les enfants. Certains symptômes doivent alerter, notamment lorsqu’il s’agit des plus jeunes.

Un tableau clinique foudroyant

"Le diabète de type 1 est un diabète insulinodépendant, c’est-à-dire que le patient aura besoin d’insuline pour survivre, dès la déclaration de la maladie", rappelle Ghislaine Hochberg, quand un diabète de type 2, survenant plutôt après 45 ans, se régule durant les premières années avec des règles hygiéno-diététiques et des antidiabétiques oraux, avant que ne soient envisagées les injections d’insuline.

Chez l’enfant l’incidence du diabète de type 1 est de 15 cas pour 100.000 sujets. Une maladie peu fréquente donc chez les plus jeunes, mais dont la fulgurance des symptômes doit immédiatement alerter. "C’est un véritable orage dans la vie d’une personne", souligne notre spécialiste. "Les symptômes apparaissent du jour au lendemain, et ne passent pas inaperçus, surtout chez des enfants habituellement dynamiques."

Il s’agit d’un état général de grande fatigue, accompagné d’une envie de boire beaucoup et de polyurie, c'est-à-dire des urines fréquentes. "On assiste également à une perte de poids importante et très rapide, même chez des enfants plutôt ronds", ajoute Ghislaine Hochberg.

Comment réagir ?

À ce stade, il convient d’emmener l’enfant chez son généraliste ou un pédiatre. Selon l’état de l’enfant, la famille pourra juger utile de se rendre directement aux urgences. Le diagnostic se fait généralement en quelques jours. Il peut être un peu plus long chez le jeune adulte où il arrive que les symptômes s’installent plus progressivement, laissant d’abord penser à un diabète de type 2.

De quelle manière obtient-on un diagnostic ?

Le médecin qui aura pris en charge l’enfant pourra lui faire passer plusieurs examens, deux notamment qui laisseront peu de doute quant à la nature du mal. "D’abord une glycémie, c’est-à-dire une prise de sang, qui se fait en laboratoire, et qui permet de mesurer le taux de sucre dans le sang. S’il est élevé, on s’oriente vers un diabète", précise Ghislaine Hochberg. "La détection d’acétone dans les urines, via l’utilisation d’une bandelette réactive, est un signe de gravité qui invite à une injection rapide d’insuline."

Et ensuite ?

Le suivi au long cours de la maladie se fait par un spécialiste. Une fois le diagnostic posé, l’enfant et sa famille doivent s’attendre à voir leur quotidien chamboulé. Toutefois, l’évolution des traitements a grandement facilité la vie des diabétiques ces dernières années.

Si l’administration quotidienne d’insuline se fait encore avec un stylo à injection dans la majeure partie des cas, il existe des systèmes moins contraignants comme des pompes de la taille d'une boîte d'allumettes. "C’est un matériel qui contient un réservoir d’insuline avec un moteur qui délivre de l’insuline en continue sur 24 heures", et dont le patient peut adapter le réglage, précise notre endocrinologue. Aujourd’hui, des patches dermiques permettent de suppléer la pose d’un cathéter. Ils peuvent aussi remplacer l'utilisation d’un appareil à dextro pour surveiller le taux de sucre dans le sang. Le malade pouvant directement lire les mesures recueillies par l’autocollant sur son smartphone.

Europe 1
Par Romain David