Coronavirus : quelle probabilité de transmission au sein d'un même foyer ?

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L'étude Alcov2 cherche à établir des probabilités en se basant sur les réponses de foyers français ayant expérimenté la présence du nouveau coronavirus. 1:32
L'étude Alcov2 cherche à établir des probabilités en se basant sur les réponses de foyers français ayant expérimenté la présence du nouveau coronavirus. © AFP
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Selon une étude chinoise, le risque de contamination dans son propre foyer serait inférieur à celui dans un rassemblement ou dans les transports. Une étude française baptisée ALCOV2 et lancée fin avril souhaite justement établir la probabilité d'infection au sein d'une même famille.

Comment le Covid-19 se propage-t-il au sein d'une famille ? C'est l'objet de l'étude ALCOV2 (mix du mot Alcôve et Sars-COV-2, le nom du virus), qui a été lancée le 27 avril auprès de 10.000 familles françaises. Pas besoin d'avoir fait des tests PCR, il suffit de répondre à un questionnaire écrit pour aider les chercheurs de Sorbonne Université, du collège de France et du CNRS à élaborer la probabilité d'être infecté dans son foyer.

 

Selon une étude chinoise, le risque d'être infecté dans son propre foyer ne serait que de 15%, beaucoup moins que dans les transports ou lors d'un rassemblement. Alors l'objectif des chercheurs est d'abord de vérifier ce chiffre, et ensuite de mettre au point un algorithme capable d'évaluer les probabilités de transmission du Covid-19 au sein d'une même  famille, en fonction des symptômes ressentis et des facteurs de risque.

Probabilité selon plusieurs facteurs

La probabilité "sera modélisé finement à l'aide de paramètres tels que le taux d'infection journalier par personne du foyer, la décroissance de ce taux d'infection en fonction du temps écoulé depuis l'infection, la dépendance de ce taux d'infection à la sévérité des symptômes et la probabilité d'être asymptomatique", selon le site du collège de France.

Cette probabilité dépend par exemple de la taille de l'appartement, du métier des parents - s'ils sont soignants par exemple, c'est plus risqué - ou de la sévérité des symptômes chez un malade puisque plus il tousse, plus il est contagieux. C'est ce qui est arrivé chez Anaïs : son fils Adrien a été touché le premier, et toute la famille a suivi. "Il tremblait, il transpirait, tout d'un coup il gelait de froid. Évidemment je ne l'ai pas laissé tout seul, dans un coin, dans la cave", ironise la maman. "Je l'ai pris avec moi, je l'ai fait dormir avec moi. Je savais que je l'aurais. Et son petit frère est tombé malade le lendemain".

Et même le père est tombé malade, alors qui n'habite pas là. Grâce à cette étude, justement, on saura si les enfants en garde alternée augmentent les risques en passant d'un foyer à l'autre, ou au contraire le réduisent parce qu'ils restent moins longtemps chez l'un et chez l'autre.

Un formulaire à télécharger en ligne

Enfin, les chercheurs espèrent mieux comprendre comment le virus entre dans la famille, car si cela parait évident, le premier touché étant souvent désigné comme le coupable, la maladie a très bien pu entrer dans la maison incognito via un porteur sans symptômes.

Pour participer à l'étude, il faut avoir ressenti au moins un symptôme (fièvre, toux, perte de goût ou fatigue...) et télécharger le formulaire sur ce site

Europe 1
Par Eve Roger, édité par Séverine Mermilliod