Coronavirus : est-il dangereux de remettre ses enfants à l’école ?

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Les dernières études tendent à montrer que les enfants ne sont pas d'importants propagateurs du virus. 1:51
Les dernières études tendent à montrer que les enfants ne sont pas d'importants propagateurs du virus. © BERTRAND LANGLOIS / AFP
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Les écoles vont progressivement rouvrir le 11 mai, mais beaucoup de parents hésitent encore à y renvoyer leurs enfants. Le risque de contamination des plus jeunes et de propagation demeure pourtant beaucoup plus faible que pour les adultes, selon les pédiatres.

6,7 millions d'écoliers, en maternelle et élémentaire, sont susceptibles de retourner en classe à partir de la semaine prochaine. Beaucoup de parents tergiversent, craignant une contamination de leur enfant par le coronavirus, et même une propagation à toute la famille. Si les médecins admettent qu'il n'existe pas de "risque zéro", les données scientifiques sont aujourd'hui plutôt rassurantes, en particulier pour les moins de 10 ans.

Les dernières études tendent en effet à montrer que les enfants ne sont pas des "super-propagateurs" du Covid-19, comme pour la grippe par exemple. "Quand ils sont malades, c'est qu'ils ont été contaminés par un adulte", explique Agnès Virey, présidente du syndicat des pédiatres. Les enfants seraient peu malades, les symptôme se limitant à de la "fièvre", une "rhinite" ou une "diarrhée". Mais, surtout, ils sont peu contagieux entre eux.

Agnès Virey rappelle qu'une étude du cluster des Contamines-Montjoie en Haute-Savoie a montré qu'un petit garçon de 9 ans ayant été "en contact avec 150 enfants" n'avait ainsi contaminé aucun de ses camarades.

"Moins de grosses gouttelettes"

De plus, grâce au confinement, peu d'enfants arriveront à l'école en étant malades. Moins contagieux, ils ne devraient pas risquer d'infecter professeurs et personnels des écoles. "Les enfants ont un volume des voix respiratoire un peu moins important donc il y aurait moins de grosses gouttelettes", assure Fabienne Kochert, présidente de l'Association des pédiatres français, ajoutant : "Ils ne sont pas à la même hauteur que les adultes donc leurs grosses gouttelettes vont plutôt aboutir sur les surfaces que sur le visage de leur interlocuteur."

Selon certaines hypothèses, le faible "taux de portage" constaté chez les jeunes enfants - deux à cinq fois inférieur à celui des adultes - augmenterait néanmoins "dès qu'on s'approche de 15 ans", explique le pédiatre Robert Cohen. Ce dernier tempère : "Même s'ils se contaminent, il y a quand même beaucoup moins de maladies graves."

Europe 1
Par Eve Roger édité par Antoine Cuny-Le Callet