Coronavirus en Espagne : près de la frontière, les Français s'inquiètent

  • A
  • A
Castex, Prades, Covid-19, coronavirus 1:41
Jean Castex, ici en visite à Prades, n’a pas exclu de fermer la frontière avec l'Espagne. © GEORGES GOBET / AFP
Partagez sur :
Depuis 48 heures, l’Espagne prend des mesures en incitant les habitants de Catalogne à rester chez eux. En France, à la frontière, la population commence aussi à s’inquiéter. Europe 1 s’est rendue dans plusieurs communes des Pyrénées-Orientales.
REPORTAGE

Quelques heures avant de se rendre sur les lieux de l’incendie à Nantes, le Premier ministre Jean Castex a profité d'un retour dans son fief, à Prades, pour évoquer avec les autorités espagnoles la possibilité de fermer à nouveau la frontière. L'Espagne se reconfine localement mais massivement. A quelques kilomètres, de l’autre côté des Pyrénées, les Français ne sont pas rassurés : "On a peur que ça remonte vers le nord", concède un habitant de la commune du Boulou.

Dans cette ville des Pyrénées-Orientales, les clients d’un bar-tabac soulignent le dilemme qui s’impose à eux : "Fermer les frontières c’est la fin des commerces et ne pas fermer les frontières c’est risquer de ramener la maladie. C’est peut-être ça qui est inquiétant, c’est qu’on ne sait pas ce qu’il est bon de faire." Dix minutes en voiture séparent la ville de la frontière espagnole. L’établissement accueille près de 400 clients par jour. "On a de tout ! Des Français qui reviennent d’Espagne, naturellement. Parfois on demande gentiment aux gens de mettre le masque, mais bon…"

"On ne sera pas pris au dépourvu"

Si les touristes circulent alors que l'Espagne reconfine, seuls restent les gestes pour faire barrière à la propagation du virus. Un peu plus à l’Ouest, à Vernet-les-Bains, au pied du Canigou, le maire Henri Guitart veut garantir l'accueil des touristes mais se prépare à une deuxième vague. "Si le cluster vient d’Espagne, on est prêts, on ne sera pas pris au dépourvu comme la première fois", déclare-t-il. "On s’est approvisionné au niveau des masques, on a tout !"

Près de 4.000 masques sont en stocks. Lundi, comme partout en France, ils seront obligatoires dans tous les lieux clos accueillant du public.

Europe 1
Par Marion Gauthier, édité par Antoine Cuny-Le Callet