Budget sécu : vers une mesure pour désengorger les urgences

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Ce système permettra de réorienter 6 millions de patients, selon Olivier Véran. Image d'illustration.
Ce système permettra de réorienter 6 millions de patients, selon Olivier Véran. Image d'illustration. © MEHDI FEDOUACH / AFP
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Un amendement adopté mercredi instaure un "forfait de réorientation", pour réorienter les patients qui ne relèvent pas des urgences. 

Les députés ont adopté mercredi en commission un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale visant à désengorger les urgences hospitalières.

Cet amendement du rapporteur général LREM Olivier Véran instaure un "forfait de réorientation" destiné à inciter l'hôpital à orienter les patients qui ne relèvent pas des urgences vers la médecine de ville. 

Interrogée cette semaine sur une telle piste, la ministre de la Santé Agnès Buzyn, y avait vu "une bonne idée".

Des équipes médicales "saturées". "L'activité des urgences hospitalières des établissements de santé en France augmente de 2 à 3% par an en moyenne. Actuellement, ce sont 23 millions de patients qui sont pris en charge. Or, on estime qu'entre 25 et 30% de ces patients ne relèvent pas du tout des urgences", a expliqué Olivier Véran.

"Cette explosion met en grande difficulté les équipes médicales saturées", a souligné le député de l'Isère, rappelant qu'il existe "des urgences de ville -maisons de santé pluridisciplinaires, des centres de soins...- qui peuvent répondre à des consultations non-programmées".

Pour ce médecin de profession, la clef du problème est avant tout financière. "Chaque fois qu'un patient passe la porte des urgences, l'hôpital va toucher un forfait et plus il y a de patients, plus il y a de forfaits, cela n'incite pas à réorienter les patients", dit-il.

Pour casser "ce cercle non-vertueux", le rapporteur propose de verser à l'hôpital un "forfait de réorientation" à la place du forfait urgence qu'il percevait. Et si "malgré tout, alors qu'il y a une solution alternative, le patient rentre aux urgences pour un problème sans gravité, l’hôpital ne percevra plus la consultation aux urgences mais une consultation spécialisée" moins coûteuse qu'une admission, a-t-il expliqué. 

Ce système permettra de réorienter 6 millions de patients par an, selon Olivier Véran. "Le patient conservera cependant le droit de (...) dire qu'il souhaite malgré tout entrer aux urgences", a-t-il précisé.

"Ce dispositif n'est pas coûteux et il n'y a pas de perdants", a assuré Olivier Véran estimant que le système permettra de réorienter 6 millions de patients par an.

Un autre amendement du rapporteur pour mettre fin aux actes de chirurgie réalisés sans agrément a également été adopté. Ces mesures devront être à nouveau votées dans l'hémicycle la semaine prochaine pour être intégrées au projet de loi.

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