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Aide à mourir : à Paris, des opposants à l’euthanasie appellent les députés à rejeter le texte

Alors que l’Assemblée nationale doit se prononcer sur l’aide active à mourir, des opposants au texte se sont rassemblés à Paris. [Behrouz MEHRI / AFP]

Alors que l’Assemblée nationale doit se prononcer sur l’aide active à mourir, des opposants au texte se sont rassemblés à Paris ce mardi. Les malades, soignants et aidants, redoutent une légalisation de l’euthanasie et demandent aux parlementaires de privilégier l’accompagnement des plus fragiles. 

L’Assemblée nationale doit de nouveau se prononcer sur l’aide active à mourir. Cette mesure, défendue par une partie de la classe politique, suscite une vive inquiétude chez ses opposants, notamment au sein du collectif des "éligibles" et de leurs aidants. 

À Paris, une centaine d’opposants à la loi sur l’euthanasie se sont rassemblés ce mardi sur l’esplanade des Invalides. Parmi eux, des malades, des soignants, des psychologues et des aidants. Tous veulent interpeller les parlementaires avant le vote du texte. 

"Pour moi, c’est une deuxième condamnation"

Au micro, plusieurs intervenants ont pris la parole pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une priorité politique inquiétante. "Les parlementaires oseront considérer que l’urgence de la France, ce sera de voter pour l’euthanasie. Est-ce que c’est ce qu’on attend d’une démocratie ?", lance l’un des participants. 

Dans la foule, Edwige, 57 ans, atteinte de la maladie de Parkinson, redoute l’adoption de cette loi. Pour elle, ce texte serait vécu comme une nouvelle condamnation. "Pour moi, c’est une deuxième condamnation. On dépose un pistolet chargé sur ma table de nuit", témoigne-t-elle. La quinquagénaire dit avoir déjà subi un premier choc au moment du diagnostic. 

"Éligible à vivre, pas à mourir"

"On a été une première fois condamnés lorsqu’on a appris qu’on était malade. On nous rajoute une couche en nous disant que notre vie n’a pas forcément un prix aussi important qu’une autre", poursuit-elle. 

À ses côtés, Jeannine, 91 ans, brandit une pancarte sur laquelle on peut lire : "Éligible à vivre, pas à mourir". Elle aussi appelle à changer de priorité. "Au lieu d’investir pour nous aider à mourir, ce qui serait parfait, c’est d’investir pour nous aider à vivre dans de bonnes conditions pour tout le monde", plaide-t-elle.

Une inquiétude partagée par Anne-Marie, soignante depuis près de 40 ans. Elle craint que certains patients vulnérables soient poussés, directement ou indirectement, à demander la mort. "Les personnes âgées sont très fragiles, elles peuvent être influençables. Il suffit qu’on leur dise qu’elles sont un poids pour qu’elles n’aient plus envie de vivre", alerte-t-elle. 

Tous espèrent désormais que les parlementaires choisiront de rejeter le texte. Leur demande est claire : investir davantage dans l’accompagnement, les soins et les conditions de vie des personnes malades ou âgées.