Yannick Jadot refuse une alliance avec la gauche pour les européennes : "Je suis écologiste, je ne suis pas social-démocrate"

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Yannick Jadot 1280 5:15
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Interrogé par Hélène Jouan, au micro du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos, l'eurodéputé EELV assure que les écologistes n'ont jamais été autant rassemblés que pour cette élection.
INTERVIEW

Il a refusé d'être le gilet de sauvetage de la gauche. L'eurodéputé Europe Ecologie-Les Vert, Yannick Jadot, a choisi de partir seul pour la bataille des européennes, le 26 mai prochain, malgré les appels du pied de plusieurs figures de gauche, comme Ségolène Royal et Benoît Hamon, qu'il avait pourtant soutenu pendant la campagne présidentielle. "Leur projet n'est pas le mien. Je suis écologiste, je ne suis pas social-démocrate", a justifié l'élu dimanche, au micro du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos.

Le climat, une priorité absolue. "Mon seul sujet, et le seul sujet des écologistes dans cette campagne, c’est de révolutionner l'Europe de l'intérieur pour sauver le climat, pour sauver la biodiversité, pour redonner du sens à ce projet européen qui en a tellement perdu", plaide Yannick Jadot, qui estime qu'une alliance avec des personnalités issues d'autres horizons politiques risquerait de brouiller le message qu'il veut porter.

Un risque d'"instrumentalisation". "L'Europe va mal, la planète brûle et on me parle en permanence de savoir si les écologistes vont être le gilet de sauvetage des socialistes", s'agace-t-il. "Je refuse d'instrumentaliser cette élection dans la perspective de 2022. […] Les écologistes portent des idées bien plus fortes que le clivage gauche/droite", assure encore Yannick Jadot. "La force d'une idée politique c'est sa cohérence, sa clarté."

" Jamais les écologistes n'ont été autant réunis, autant convaincus de leurs responsabilités "

Pas d'alliance contre nature. Pour cet écologiste, les alliances politiques qui forment les principaux groupes au Parlement européen aboutissent à des rapprochements aberrants, d'où sa volonté de faire cavalier seul. "Le patron de la République en marche a réaffirmé cette semaine que leur grand allié [pour les européennes, ndlr] était le parti espagnol Ciudadanos qui vient de faire alliance avec l'extrême-droite en Andalousie. Vous votez socialiste ? Vous rejoignez un groupe qui, ces dernières semaines, vote tous les accords de libre-échange. Vous votez pour les républicains ? Vous êtes dans le même groupe que le Fidesz de monsieur Orban !", énumère-t-il. À l'inverse, "vous mettez un bulletin vert, vous avez un député vert qui siège dans le groupe vert et qui est en première ligne de toutes les victoires écologistes, environnementales, sanitaires sur les libertés publiques au Parlement européen", plaide Yannick Jadot.

"Je rassemble dans ma liste, et nous rassemblons bien au-delà tous les écologistes. Jamais les écologistes n'ont été autant réunis, autant convaincus de leurs responsabilités", conclut-il.

Europe 1
Par Romain David