Vidéos dans les abattoirs : "Vous n'avez vu que quelques images, moi j'en ai vu des milliers"

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Mauricio Garcia Pereira a été salarié pendant sept ans dans l'abattoir de Limoges, il raconte son expérience traumatisante alors que le projet de loi agriculture et alimentation arrive ce mardi à l'Assemblée. 
TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Ces vidéos avaient choqué la France entière. Mauricio Garcia Pereira a été salarié pendant sept ans dans le plus grand abattoir municipal de France, à Limoges. Il a approché de très près la maltraitance animale et a lancé l'alerte en filmant en caméra cachée pour l'association L214, c'était il y a deux ans. Alors que le projet de loi agriculture et alimentation arrive aujourd'hui à l'Assemblée, avec comme axe de réflexion la nomination obligatoire dans chaque établissement d'un responsable du bien-être animal doté d'un statut de lanceur d'alerte, l'homme pense qu'il faut aller beaucoup plus loin. 

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"C'était horrible, inhumain, immoral". "Il faut une bonne formation du personnel, il faut également plus de personnel", plaide Mauricio Garcia Pereira au micro d'Europe 1. Mais surtout, "il faut baisser les cadences", explique-t-il. D'origine espagnole, l'homme de 49 ans n'avait aucun a priori sur les abattoirs, mais ce qu'il a vu l'a profondément choqué. "Je n'ai pas d'adjectifs pour qualifier ce que j'ai vu, c'était horrible, inhumain, immoral", se souvient-il. "Comment peut-on jeter des fœtus prêts à naître ? Il y en a des dizaines et des dizaines par jour et par mois (...) Vous n'avez vu que quelques images, moi j'en ai vu des milliers. J'ai des milliers de veaux dans ma tête", souffle-t-il. 

"Ni viande rouge, ni charcuterie". Après sept années passées dans cet abattoir, Mauricio a fini par se faire déclarer inapte par la médecine du travail, il a donc été licencié. Aujourd'hui sans emploi, il cherche un travail. Mais de son passage dans cet abattoir de Limoges, il en a gardé une trace qui fait surface quotidiennement : il ne mange plus ni viande rouge, ni charcuterie.