VIDÉO - Au Sénat, Gérard Collomb explique que les migrants font du "benchmarking"

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"Il n'y a pas que le Sénat qui fait du benchmarking, les migrants aussi", a lancé Gérard Collomb au Sénat.
"Il n'y a pas que le Sénat qui fait du benchmarking, les migrants aussi", a lancé Gérard Collomb au Sénat. © Capture d'écran
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Lors de son audition mercredi devant le Sénat, le ministre de l'Intérieur a affirmé que les migrants comparaient les différentes législations des pays européens avant de procéder à une demande d'asile.

La nouvelle sortie de Gérard Collomb sur les migrants n'est pas passée inaperçue. Auditionné mercredi au Sénat pour présenter le projet de loi asile et immigration, le ministre de l'Intérieur a affirmé que les migrants procédaient à du benchmarking, une action qui consiste à comparer un produit ou des services, afin de comparer les différentes législations européennes. 

"Le Sénat aime beaucoup comparer les différentes législations européennes", a lancé Gérard Collomb, dans ce moment repéré par Public Sénat. "Il n'y a pas que le Sénat qui fait du benchmarking, les migrants aussi. Ils font un peu de benchmarking pour regarder les différentes législations à travers l'Europe qui sont les plus fragiles", a-t-il poursuivi. "Telle nationalité que je ne citerai pas se dirige plutôt vers tel pays, non pas parce qu’elle est plus francophile, mais tout simplement parce que là c’est plus facile", a assuré le ministre.

Les gens se disent 'On va aller dans tel pays'". Gérard Collomb a poursuivi en prenant l'Allemagne en exemple. "En Allemagne, des nationalités où en France on peine à traiter en trois ans, sont traitées en deux semaines. Les gens comparent un peu et se disent 'on va aller dans tel pays''. Une affirmation du ministre qui rappelle l'expression de la ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau, qui avait suscité la polémique le 9 mai dernier au Sénat, parlant du "shopping de l'asile"

Réactions sur les réseaux sociaux. Sur les réseaux sociaux, les réactions aux propos du ministre de l'Intérieur ne se sont pas faites attendre. "Alors c'est marrant (ou pas), mais quand des multinationales font la même chose pour leur optimisation fiscale, certaines d'entre elles sont accueillies en grandes pompes à l'Élysée", a réagi le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi. 

"Sans pression", a tweeté un autre internaute. 

 

Immigration : hausse de 9% des expulsions au cours des 4 premiers mois

Les expulsions d'étrangers en situation irrégulière ont augmenté d'"un peu plus de 9%" au cours des quatre premiers mois de 2018, a affirmé mercredi au Sénat Gérard Collomb, qui a jugé nécessaire de faire à Paris "la même chose" qu'à Calais contre la reconstitution de campements. Les retours forcés ont ainsi concerné "5.000 personnes", a ajouté le ministre, qui établissait sa comparaison par rapport aux quatre premiers mois de 2017. Le total des départs (forcés et aidés) a lui augmenté "de 25%", passant "de 8.695 à 10.901", a-t-il ajouté. Les éloignements d'étrangers en situation irrégulière avaient augmenté de 14,6% en 2017 par rapport à 2016, avec un total de 14.859 retours forcés, selon la Direction générale des étrangers en France (DGEF) qui publiera en juin ses chiffres définitifs. En ce qui concerne les personnes sous procédure Dublin (c'est-à-dire relevant pour leur demande d'asile d'un autre pays européen où elle sont enregistrées), le nombre de transferts "a augmenté de 60%, passant de 600 à 950 personnes" au cours des quatre premiers mois de 2018, a indiqué le ministre de l'Intérieur.