Olivier Faure Anne Hidalgo PS 1:12
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Marion Gauthier, édité par Mathilde Durand
A huit mois de l'élection présidentielle, la gauche dispersée semble déjà battue d'avance. Pourtant, elle pourrait avoir un coup à jouer analyse Frédéric Diabi, directeur général de l'Ifop. "Dans les enquêtes de l'Ifop, on voit que les préoccupations des Français peuvent coller avec un discours programmatique de gauche", explique-t-il. 
DÉCRYPTAGE

Une gauche dispersée. Pour sa rentrée politique, les différents partis étaient aux quatre coins de la France : le Parti communiste était à Aix en Provence, La France insoumise dans la Drôme tandis que les Socialistes organisaient leur université à Blois, dans le Loir et Cher. À huit mois de l'élection présidentielle, aucun candidat ne s'impose pour l'instant à gauche. Elle est même donnée perdante de ce prochain scrutin. Selon le dernier sondage d’Harris Interactive pour Challenges, l’insoumis Jean-Luc Mélenchon reste le mieux placé (11 %), devant la socialiste Anne Hidalgo (7 %), l’écologiste Yannick Jadot (6 %) et le communiste Fabien Roussel (2 %). 

"Les enquêtes d'opinion montrent une gauche divisée, avec un total d'intentions de vote jamais vu à un niveau aussi bas entre 20 et 25%. C'est le plancher sous la Cinquième République, avant une élection présidentielle", analyse de Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop.

Des thèmes porteurs 

Pourtant la gauche pourrait avoir un coup à jouer sur les thématiques électorales. "Paradoxalement, dans les enquêtes de l'Ifop, on voit que les préoccupations des Français peuvent coller avec un discours programmatique de gauche. Les questions de santé par exemple sont la première préoccupation des Français. La gauche a peut être un coup à jouer, si elle arrive à prendre en charge ces différentes thématiques et proposer une offre alternative à Emmanuel Macron", explique Frédéric Diabi. 

Mais pour déjouer les pronostics, il faudra s'unir. Actuellement, la gauche est pénalisée dans son morcellement. "L'offre Mélenchon, l'offre Fabien Roussel, qui connaît dans les enquêtes de l'Ifop une petite dynamique, le PS avec sans doute Anne Hidalgo, les attentes concernant la primaire Europe Écologie-Les Verts : cette dispersion des forces de gauche est particulièrement dévastatrice, dans un contexte où le potentiel électoral de la gauche n'a jamais été aussi bas", souligne le directeur général de l'Ifop.