Réforme des retraites : Ségolène Royal dénonce "un déficit démocratique extrêmement grave"

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
Invitée jeudi d'Europe 1, l'ancienne ministre Ségolène Royal est revenue sur la réforme des retraites du gouvernement. Dénonçant "l'improvisation" de l'exécutif, elle regrette notamment qu'aucun débat n'ait été organisé au Parlement. 
INTERVIEW

Elle dénonce "l'imprudence" du gouvernement. Ne cachant plus son ambition pour la prochaine élection présidentielle, Ségolène Royal, qui avait soutenu Emmanuel Macron en 2017, n'a désormais plus de mots assez durs pour qualifier sa politique. Invitée jeudi d'Europe 1, l'ex-ambassadrice des pôles est ainsi revenue sur la réforme des retraites, alors que le mouvement de grève se poursuit pour le 51e jour consécutif, et dénonce "un déficit démocratique extrêmement grave". 

Alors même que la crise des "gilets jaunes" n'était toujours pas résolue, "il fallait quand même être imprudent pour lancer une réforme de cette ampleur, qui n’était pas préparée", estime la socialiste, qui regrette "l’improvisation, les tâtonnements, les hésitations" du gouvernement.

Et l'ancienne ministre de l'Écologie de dénoncer "un déficit démocratique extrêmement grave". "Le Parlement n’est toujours pas conduit à faire un débat", déplore-t-elle encore, appelant à "dépasser les clivages politiques sur ces sujets-là".

Les problèmes des gilets jaunes "n'ont pas été résolus"

Alors qu'elle avait soutenu le candidat Emmanuel Macron en 2017, Ségolène Royal rappelle que "69% des Français pensent qu’il ne sera pas réélu". "On n’a pas voté pour avoir cette dégradation", déclare celle qui vient de lancer son association politique :  "Désirs de France, avenir de la planète", estimant que les problèmes des "gilets jaunes" n'ont "pas été résolus" et dénonçant la décision de l'exécutif de "lancer une réforme de dégradation de la Sécurité sociale dans son volet sur les retraites". Lors de la crise des "gilets jaunes", note-t-elle enfin, "le choix de la radicalisation a été fait par le gouvernement pour essayer de décrédibiliser le mouvement et ça, ce n'est pas bien". 

Emmanuel Macron ne trouve pas non plus grâce à ses yeux par son action pour l''Écologie. "Je l’ai soutenu au départ quand il a lancé par exemple des initiatives sur la protection de la planète. J’ai pensé que ça irait jusqu’au bout. Or, ce ne fut pas le cas", conclut Ségolène Royal.

Europe 1
Par Antoine Terrel