Enquête contre Ségolène Royal : "Il y a une tentative de porter atteinte à mon honneur", affirme-t-elle

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Au micro du "'Grand journal du soir" d'Europe 1 jeudi, Ségolène Royal est revenue sur l'enquête du parquet national financier à son encontre, sur sa gestion des fonds qui lui étaient alloués en tant qu'ambassadrice des Pôles. L'ancienne ministre voit un lien entre ces deux événements, une "coïncidence étrange", mais pas "un acharnement". 
INTERVIEW

"On m’a sommée de choisir entre ma liberté de parole et cette mission au service des Pôles". Invitée du "Grand journal du soir" d'Europe 1 jeudi, Ségolène Royal est revenue sur l'arrêt de sa mission en tant qu'ambassadrice des Pôles, qui sera officiel lors du Conseil des ministres de vendredi. L'ancienne ministre, qui défend son bilan, trouve étrange que l'ouverture d'une enquête du Parquet national financier sur ses frais d'ambassadrice coïncide avec le lancement de son association politique "Désirs de France, avenir de la planète".

Une "coïncidence étrange" avec le lancement de son association

"Il y a une transparence qui est faite avec cette enquête, et c’est bien la transparence sur les fonds publics", commente Ségolène Royal, qui est soupçonnée d'avoir utilisé les 100.000 euros et les trois collaborateurs mis à disposition par le Quai d'Orsay et le ministère de la Transition écologique dans le cadre de sa mission d'ambassadrice des pôles pour promouvoir sa fondation, "Désirs d'avenir pour la planète". Fondation sur laquelle se base désormais son association politique, et qui pourrait bien se transformer en parti politique en vue de l'élection présidentielle de 2022.

"Cette enquête a été ouverte suite à la dénonciation par deux journalistes. Elle est à la fois à charge et à décharge", rappelle-t-elle au micro d'Europe 1. Si elle ne décèle pas un acharnement politique dû à ses nombreuses prises de positions contraires à celles du gouvernement, notamment sur la très décriée réforme des retraites, la première femme à avoir accédé au second tour d'une présidentielle y voit tout de même une "coïncidence étrange" : "Laissez-moi vous dire une chose, s’il y avait eu le moindre problème, même sur un euro, vous le sauriez déjà. Ce serait déjà dans la presse pour me casser."

"Débarquée de son poste"

Si elle accepte la transparence nécessaire à cette enquête, Ségolène Royal n'oublie pas que c'est aussi une épreuve. "Il y a une tentative de porter atteinte à mon honneur et à ma considération parce que les gens entendent 'enquête préliminaire financière' alors que c’est l’ouverture d’une enquête suite à des dénonciations, pour voir si elles correspondent à quelque chose". 

Quant à la fin de sa mission d'ambassadrice des Pôles, Ségolène Royal insiste sur le fait qu'elle "n'a pas quitté [son] poste" mais qu'elle a été "débarquée". Une référence directe à la lettre du ministère des Affaires étrangères et de la Transition écologique, qu'elle a elle-même publiée sur les réseaux sociaux mi-janvier. Elle affirmait alors en marge de ce texte que l'exécutif envisageait "de mettre fin" à ses fonctions et s'estimait d'ores et déjà renvoyée. 

Pointée du doigt pour son manque d'assiduité dans sa mission des pôles, notamment par une partie de la communauté scientifique, Ségolène Royal défend son bilan et son action "réalisée avec beaucoup de soin". "Tout le monde peut le voir sur mon site internet, la situation des pôles est un défi majeur, une catastrophe en matière de menaces sur les populations autochtones et de destruction de la biodiversité", rappelle-t-elle. Un enjeu planétaire d'une importance cruciale qui lui permet d'affirmer y avoir apporté "tout ce [qu'elle] pouvait".

Europe 1
Par Ugo Pascolo