Macron 1:21
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Jacques Serais
Emmanuel Macron était lundi soir à Poissy, dans les Yvelines, pour son premier déplacement de campagne. Pendant un peu plus d'1h30 d’échanges et malgré le contexte international, le chef de l’État a essayé d’endosser le costume de candidat en formulant ses premières annonces. Si sa campagne démarre au ralenti, le chef de l'État n'a pas de raison de changer de stratégie.
DÉCRYPTAGE

Le premier tour de l'élection présidentielle a lieu dans un mois et l'heure n'est toujours pas à la confrontation des idées. La déclaration de candidature d'Emmanuel Macron devait relancer la dynamique de la campagne, mais ce n'est toujours pas le cas. Le chef de l'État, qui doit rencontrer mercredi soir les parlementaires de sa majorité, s'est rendu lundi soir à Poissy, dans les Yvelines, où il a dialogué avec des Français. Le démarrage est discret, et cela devrait continuer.

Lundi, l'échange à la rencontre des Français était soi-disant libre. Mais les questions étaient en réalité préparées à l’avance. Avec 200 personnes autour du candidat-président, on est très loin d’une entrée en campagne fracassante. Le contexte y est pour beaucoup, à savoir la guerre en Ukraine et ses conséquences.

"Président quand il le doit, candidat quand il le peut"

Emmanuel Macron lui-même se justifie : "Président quand il le doit, candidat quand il le peut". Son agenda de chef de l’État prend en effet le dessus sur celui de postulant à un second mandat. Tout ou presque est suspendu à ce qui se joue à l’est du continent et ses déplacements de candidat sont organisés au dernier moment. Pour preuve : son entrée en campagne devait être symbolisée par un grand meeting à Marseille samedi dernier. Annulé puis reporté d’une semaine - dans un premier temps à ce samedi - il ne devrait finalement pas avoir lieu du tout. 

Le candidat Macron caracole en tête des sondages, alors aucune raison pour lui à ce stade de prendre de risques dans cette campagne. Il a encore répété lundi soir qu’il ne ferait pas de débats avec les autres candidats avant le premier tour. Et de trois meetings prévus au début  - ce qui était déjà peu - son entourage réfléchit à les réduire à un seul d'ici au 10 avril. C’est dire si cette campagne express du candidat Macron s’annonce très particulière.